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Faisons entrer le peuple à l'assemblée

Intervention A. JOULAIN – Vendredi 16 juin – soirée de soutien à Céline Cuvillier pour le second tour des législatives dans le première circonscription de la Vienne.

J'ai accepté de venir m'exprimer au nom du parti communiste, et en tant que candidate à ce rassemblement mais si ce rassemblement se veut festif je veux vous dire que je n'ai pas le cœur à la fête pas plus que la majorité du Peuple de Gauche : nous savons maintenant que l'assemblée n'aura qu'une poignée de députés progressistes comme nous le craignions. Les principales victimes seront les classes populaires et cela ne nous fait pas rigoler.
Ce que je voulais également vous dire en toute sincérité et fraternité c'est que nous, communistes,  considérons que la stratégie de France Insoumise est une erreur : si elle a attiré de nombreux soutiens pour les présidentielles,  56% des électeurs de JLM ne sont pas allé voter aux législatives ni pour vous, ni pour nous. Résultat : nous aurons une assemblée bleue-Macron.
Pour nous, communistes, ce sont les rassemblements, la construction de fronts qui permettent de gagner. Le front populaire devrait être notre modèle commun de construction politique car c'est le seul moyen de gagner et d'obtenir des avancées concrètes pour le peuple. Nous avons tous à la bouche les conquêtes de 1936 mais elles ne se sont pas faites dans la division mais en transformant en force la diversité d'une centaine d'organisations (politiques, associatives, syndicales) et en permettant ainsi un engagement massif du peuple de gauche pour un projet politique clair et de progrès : "Le pain, la paix et la liberté". Je suis militante politique et je sais que ces constructions politiques doivent s'accompagner de mouvements sociaux. C'était aussi le cas en 1936. Mais je sais aussi que les mouvements sociaux ont besoin de perspectives politiques. Bernard Thibault, le 11 mai dernier nous rappelait que rares sont les victoires syndicales après des échecs politiques.
Les rassemblements, les fronts politiques se construisent forcément dans le respect des différences et de la diversité : je ne suis pas insoumise. Je suis de gauche, marxiste, communiste. Je crois en la Lutte de Classes. Ce sont peut-être des différences avec nombre d'entre vous. Cependant nous sommes d'accord sur l'essentiel, en tous les cas sur suffisamment de points pour créer un rassemblement capable de gagner. Le parti communiste continuera à œuvrer dans ce sens.

Dans la Vienne, dans la 1ère circonscription, aujourd'hui l'urgence est de mobiliser les 6900 électeurs manquant depuis le 1er tour des élections et au-delà. Pour cela il faut avoir les gestes et les paroles du rassemblement, du respect sinon la fraternité. Il faut mobiliser car il faudra des députés combatifs et déterminés. Il nous faut donc soutenir ensemble Céline Cuvillier dans la Vienne, JLM à Marseille, MG Buffet, Bastien Lachaud et Clémentine Autain en Seine-Saint Denis, André Chassaigne dans le Puy de Dôme, Sébastien Jumel, Stéphane Peu, Nicolas Sansu, François Ruffin, Christian Paul etc etc... et il faudra que tous ces députés siègent dans le même groupe politique à l'assemblée pour être efficaces. Céline, si tu es élue, j'espère que tu œuvreras dans ce sens.

Ces députés devront bien sûr résister. Mais pas seulement. Ils doivent ouvrir les perspectives d'un changement radical de société par des propositions de loi révolutionnaires.
Je l'ai dit, je suis marxiste, je suis communiste. Changer la société c'est passer par le partage des richesses, mais pas seulement, ça ne suffit pas. C'est aussi le partage du pouvoir, dans les institutions et les entreprises, privées et nationalisées. C'est le partage du savoir.
Il faudra donc non seulement s'opposer aux ordonnances de Macron sur la Loi Travail mais aller bien au-delà en étendant les droits des salariés. Les députés FDG ont déjà défendu lors du mandat précédent une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation tout au long de la vie, c'est à dire une sécurité sociale professionnelle. Au lieu de rejeter sur le « marché du travail », c’est-à-dire au chômage, les travailleurs, chacun alternerait les périodes de travail salarié et les périodes de formation rémunérées, à la faveur d’une réduction générale du temps passé à travailler. La rémunération doit être telle qu'elle permette à chacun de bien vivre. Une telle mesure, financée par la part socialisée du salaire et un prélèvement sur la valeur ajoutée, modifierait radicalement les rapports de force entre salarié et patron, dans la perspective d'un dépassement du capitalisme. Nous préférons d'ailleurs l'expression «  part socialisée du salaire » à « salaire différé » car cette part du salaire va dans « un pot commun » mesure profondément anti-capitaliste.  Les nouveaux droits  des salariés porteront sur l'organisation du travail, sur les choix de gestion avec notamment un droit de véto sur les délocalisations et fermetures de sites. Nous proposons aussi un droit de reprise de l'activité accompagnée d'aides financières et de crédits avantageux.

Bien sûr il faudra arrêter les aides sans conditions ni contrôles aux entreprises. J'ai en tête la banderole des salariés d'ITRON en lutte pour leur emploi rappelant que leur entreprise bénéficiait de 30 millions de crédit d'impôt (CICE-CICR). Bien sûr, il faudra nationaliser des banques pour lutter contre la finance mais apprenons des échecs de la politique de Mitterand, ce n'est pas notre modèle. Une nationalisation en laissant les mêmes cadres dirigeants – liés aux classes dominantes – ne permet pas de ré-orienter l'utilisation de l'argent. Pour cela, pour intervenir sur les choix stratégiques des pôles publics financiers, il faut donner de nouveaux droits et pouvoirs aux salariés, aux citoyens, aux élus locaux et aux syndicats. Ainsi l'argent et le crédit seront mobilisés pour l'emploi, la formation et l'environnement.
C'est sur le même principe que nos proposons un pôle public de l'énergie toujours avec le même contrôle social sur les enjeux stratégiques.
Bref, nous sommes pour une démocratie sociale car pour reprendre le pouvoir sur l'argent, les institutions ne suffisent pas.

Nous parlions du partage des savoirs. Il faudra non seulement s'opposer à la mise en concurrence des écoles, collèges et lycées mais surtout proposer des mesures construisant enfin l'école de l'égalité. Nous communistes, nous ne défendons pas l'école de Jules Ferry. Elle est profondément inégalitaire : elle reproduit au mieux les inégalités sociales, en ce moment elle les accroit.  J'enseigne à l'Université et j'habite à Bel Air un quartier populaire. Eh bien jamais je n'ai vu un enfant du quartier dans mes amphis. Il s'agit de  proposer un projet révolutionnaire pour l'école dont l'objectif est l'émancipation de chacun. L'école de l'égalité ce n'est pas l'égalité des « chances ». L'école n'est pas une loterie. L'égalité n'a rien de naturel, il faut la construire, créer les conditions de sa réalisation. Bien sûr il faut plus de moyens... mais il faut surtout un autre projet : scolarité obligatoire et gratuite de 3 à 18 ans, allongement du temps scolaire, fin du financement des écoles privées par les collectivités locales, refonte des programmes, service publique de l'orientation qui ne trie pas mais qui ouvre le champ des possibles, intégration progressive dans l’horaire scolaire de toutes les tâches demandées au titre du travail personnel. Vous le savez, en 1945 un communiste, Ambroise Croizat, construisait la sécurité sociale. Mais il y avait un autre projet révolutionnaire, le plan Langevin-Wallon qui voulait transformer le système éducatif. Réactivons-le, modernisons le.

Je viens de parler d'Ambroise Croizat. Nous proposons de revenir aux principes fondamentaux de la sécurité sociale, d'une cotisation qui ouvre des droits, de faire contribuer les revenus financiers et une gestion démocratique par les assurés sociaux pour que la protection sociale soit protégée des aléas politiques. C'est la cas depuis 1995 quand Juppé a décider de contenir le budget de la sécu dans la limite d'une enveloppe prédéfinie et votée au Parlement.

Vous le voyez, partout, il s'agit de remettre en cause le pouvoir politique, économique, médiatique, culturel de la classe dominante.
Pour tout cela donc il faut le maximum de députés progressistes, déterminés, en s'appuyant sur les luttes, à affronter le pouvoir de l'argent.

Alors le 18 juin, partout où c'est possible, faisons entrer le Peuple à l'Assemblée.

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