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Comité poitevin Palestine Contre la venue de Netanyahou

Rassemblement du 15 juillet 2017

Commémoration de la Rafle du Vel d'Hiv
Que vient faire le Premier ministre israélien à Paris ?

Nous sommes rassemblés pour nous opposer à l'invitation faite par le Président Macron au Premier ministre israélien Netanyahou de participer aux commémorations officielles de la Rafle du Vel d'Hiv et d'y prendre la parole.

Pourquoi sommes nous réunis ?
Assurément pas, comme vont mécaniquement l'affirmer les soutiens de l'Etat d'Israël, par antisémitisme.

Nous sommes réunis pour réaffirmer que les incendiaires identitaires n'ont pas leur place en France. Particulièrement à l'occasion d'un rappel à l'Histoire comme on parle d'un rappel à l'ordre.

Les concessions faites au racisme, au suprématisme, aux idées qui présentent une partie de l'humanité comme ayant des droits différents, supérieurs ou inférieurs, aux autres hommes, à une mission divine ou à une absence de droit à exister, conduisent à des catastrophes dès qu'on leur cède une part de légitimité et de pouvoir.

Or, sur la question d'un "droit supérieur" d'Israël, nous cédons du terrain tous les jours, jusqu'à accepter qu'un raciste, soutenu par des racistes, Benyamin Netanyahou pour ne pas le nommer, diffuse son venin révisionniste en France, impose ses vues, et radicalise un peu plus ceux qui considèrent comme normal de discriminer, affamer, enfermer tout un peuple qui s'oppose à sa spoliation, son humiliation, sa chosification.

Car l'Etat d'Israël ne considère pas les Palestiniens, dont ils ont usurpé l'espace vital, comme des êtres humains, mais comme un problème sécuritaire à gérer et à faire plier sous le joug pour les contraindre à partir, à laisser la place, à vider les lieux pour que la race élue puisse s'épanouir.

L'humanité toute entière ne peut sortir grandie du traitement dégradant imposé depuis un siècle aux Palestiniens. Mais elle s'avilie quand elle s'associe aux bourreaux comme Netanyahou.

Cette invitation, ne traduit-elle pas la proximité idéologique entre MAcron et Netanyahou ?

N'est-ce pas Macron lui-même en effet qui, le 1er juin en visite au Centre opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique en Bretagne, lâche une plaisanterie infâme sur les kwassas kwassas, "canots qui pêchent peu mais amènent du Comorien" ? N'est-ce pas encore Macron qui, lors de l'inauguration de la Station F des start-up le 29 juin, déclare "Une gare, c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien." ? N'est-ce pas lui toujours qui, lors du G20 le 8 juillet, parle du "défi civilisationnel" et "démographique" de l'Afrique ? Autant de petites phrases, lourdes de racisme et de suprématisme, qui n'ont pourtant donné lieu à aucune condamnation du Président français.

Macron, comme d'autres avant lui, invite le Premier ministre israélien en France, cette fois-ci au prétexte d'hommage aux victimes du pétainisme. Cette invitation est tant de fois répétée qu'on attend pour bientôt la panthonéisation du personnage tant il semble être devenu un modèle pour la France.

Revenons sur l'Histoire.

Le 27 janvier 1945, l'Armée Rouge libérait le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. 60 ans après, en 2005 donc, l'Assemblée générale des Nations Unies (résolution 60/7) décidait de faire du 27 janvier la "Journée Internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste".

Eh bien, savez-vous comment le Premier ministre israélien a célébré cette journée en Israël ? En participant à la grande fête du Likoud dans la ville d'Eilat sur les bords de la Mer Rouge ! Voilà le peu de cas qu'il fait des victimes de la barbarie nazie, voilà toute l'empathie qu'il montre à leur égard, lui qui, par ailleurs fait du massacre des Juifs un véritable fond de commerce et l'objet d'un chantage permanent contre quiconque critique sa politique ! Vous ne me croyez pas ? Pourtant ce n'est pas moi qui le dit, mais le pacifiste israélien Michel Warschawski sur son compte Facebook le 29 janvier dernier.

Que cet homme-là soit invité à la commémoration de la Rafle du Vel d'Hiv qui a conduit plus de 13 000 Juifs arrêtés par la police de Pétain vers le camp d'Auschwitz est une insulte à leur mémoire.

Mais nous voudrions également dénoncer une falsification de l'histoire.

En 1942, l'Etat d'Israël que M. Netanyahou représente aujourd'hui, n'existait pas. Et à sa création en 1948, l'Etat sioniste n'avait que mépris pour les survivants de l'extermination, les accusant d'entretenir la culture du ghetto et de s'être laissé conduire à l'abattoir, et allant jusqu'à les traiter de "savons" en référence au mythe de l'Allemagne nazie qui aurait fait du savon avec la graisse des Juifs.

D'après un rapport du contrôleur de l'Etat d'Israël daté d'avril de cette année, le gouvernement israélien continue de négliger les victimes du génocide et un tiers d'entre eux vit en dessous du seuil de pauvreté. Ils manifestent régulièrement en Israël pour réclamer un meilleur traitement à leur égard.

Interviewé en avril 2015 par Libération, l'un d'eux dira "depuis que je suis sorti des camps, j'ai toujours eu l'impression que j'étais en trop. Même dans ce pays." "Pour les fonctionnaires, un ancien déporté c'est un poids qu'on espère voir disparaître sans bruit pour enfin clôturer le dossier."

Mais pour Israël, quand les justifications sécuritaires ne sont plus suffisantes, il est bon et utile d'en appeler à l'horreur des crimes nazis, d'aiguillonner le sentiment de culpabilité du mode entier et de brandir le souvenir de l'extermination comme bouclier contre toutes critiques de la politique agressive israélienne.

Ayant déjà réussi à imposer le terme "shoah", intelligible pour les seuls hébraïsants, à la place d'"extermination des Juifs d'Europe" que tout le monde peut comprendre, les idéologues révisionnistes israéliens veulent imposer une histoire de notre pays où, à chaque instant, l'Etat d'Israël aurait été présent pour soutenir et secourir les croyants juifs du monde entier. Ils lui attribuent ainsi un rôle que cet Etat prédateur n'a jamais joué.

Bien au contraire. Ses revendications, variables au gré de ses conquêtes et de l'affaiblissement des règles du droit international, n'ont fait que déstabiliser la planète et accroître l'anxiété lorsqu'elles étaient accompagnées de coups de force et de violations délibérées des règles internationales (guerres d'agression, assassinats ciblés, extorsion d'identité, rackets ...). Chaque concession s'en est suivie d'une surenchère. Le gouvernement Netanyahou actuel atteint des sommets, menaçant l'Iran d'un bombardement nucléaire, proposant d'assassiner des Chefs d'Etat, dont celui de la Syrie, au nom de la communauté internationale, réduisant les 1,5 millions d'hommes, femmes, enfants, vieillards de la Bande de Gaza, en détenus dans un immense camp d'enfermement régulièrement bombardé selon les caprices de la soldatesque présentée comme la plus vertueuse du monde mais qui a, à son palmarès de nombreux crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Un des derniers crimes en date de cette armée, qu'on ne peut réduire à un excès de zèle individuel, est l'exécution d'un Palestinien blessé et désarmé, étendu au sol, exécuté d'un tir de fusil de guerre dans la tête par un soldat que l'Armée, l'Etat et la société israélienne ont immédiatement protégé et exonéré de toute responsabilité, allant même jusqu'à glorifier son acte comme un acte garantissant la sécurité d'Israël.

Il fut un temps où l'assassinat d'un enfant palestinien (Netzarim, 30 septembre 2000) faisait se lever une légitime horreur et de nombreuses protestations et condamnations. Ce temps semble lointain tant la complaisance d'Etat des pays signataires de la Charte de l'ONU et de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ont renoncé à imposer des limites à cet Etat voyou et plus même, pour ce qui concerne la France, semble l'encourager à s'affranchir de toutes les règles qui organisent les rapports des hommes entre eux et des Etats les uns avec les autres.

Vu de la Palestine ou du Moyen Orient, la globalisation est un monde où la loi du plus fort règne sans partage. Ce n'est pas le chemin qui ouvre la voie à la modération.

Il y a un mois, les Parlementaires européens adoptaient, à la demande des agents de l'Etat israélien, une définition grandguignolesque de l'antisémitisme.

Pour les Législatives, Macron et sa porte-parole de campagne, Laurence Haïm, ont imposé aux candidats En Marche des tests de fidélité à Israël, et rejeté ceux qui s'étaient permis la moindre critique.

En invitant Netanyahou les 16 et 17 juillet prochains, Macron multiplie les initiatives de collaboration et de promotion de l'Etat d'Israël dirigé par sa frange la plus réactionnaire, nationaliste, raciste et belliqueuse. Loin du respect des engagements pris par la France en adhérent à l'ONU, il encourage et soutient aussi bien

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les guerres d'agression dissimulées qu'Israël mène contre tous ses voisins, que l'exhibition permanente de la force la plus brutale dont l'Etat israélien use contre les Palestiniens. Il contribue à l'escalade des exigences d'Israël, dont la moins importante n'est pas la prétention d'être l'unique représentant de tous les croyants juifs du monde, alors même qu'une campagne d'épuration est en cours en Israël avec pour argument l'insuffisance "pureté juive" d'actuels citoyens israéliens, principalement les convertis récents ou anciens. Israël, Etat racial plus que religieux, veut chasser ses impurs dans l'indifférence générale en même temps qu'il continue de persécuter les Palestiniens afin de terminer l'épuration ethnique commencée avec la guerre de 1947.

Israël et ses complices imposent une version de l'Histoire instrumentalisée à la gloire du nationalisme sioniste, substituant on ne sait quel conte identitaire à la brutalité et à la bestialité causes du nazisme, du fascisme, du suprématisme blanc, de la chosification des Indiens, des Africains noirs, des Roms, des Juifs, des Palestiniens.

Le Premier ministre israélien Netanyahou n'a rien à faire à cette commémoration de la Rafle du Vel d'Hiv.

Cette cérémonie rappelle une abomination, une tragédie nationale qui fait encore aujourd'hui polémique. Y associer l'un des chefs d'Etat les plus controversés, c'est lui donner une tribune pour exacerber les antagonismes et faire l'apologie d'un Etat racial et colonial, un Etat d'apartheid et de développement séparé, et que signifie et rappelle, à qui veut bien le voir, le mur construit par les gardiens du camp qu'on appelle "territoires palestiniens". C'est donner du crédit à sa prétention à être le seul représentant des croyants Juifs du monde. C'est inacceptable pour eux et pour le monde.

Inviter Netanyahou, ce n'est non seulement pas une bonne idée, mais pire encore, c'est une provocation. Sa place devrait être sur le banc des accusés pour sa politique de mise en cause de la sécurité et de la paix du monde. Ce n'est pas en laissant les Israéliens s'en sortir avec leurs crimes et passer ainsi au-dessus du droit international que l'Europe peut se repentir de sa culpabilité vis-à-vis de l'extermination des Juifs.

Pour notre part, nous refusons le droit au Premier ministre israélien d'usurper cette commémoration et nous voulons rendre hommage à toutes les victimes de la Rafle du Vel d'Hiv et de toutes les épurations ethniques car il ne peut y avoir de graduation dans l'horreur.

Je vous remercie.

 

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