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L'élargissement de l'A10 tourne le dos aux exigences environnementales

Conseil communautaire  du Grand  Châtellerault – Lundi 5 février 2018

Intervention de Pierre BARAUDON - Motion relative au projet 2X3 voies de l’autoroute A 10

M. le Président,

Ce projet d’élargissement, de 2X2 voies à 2X3 voies de l’autoroute A 10 sur 93 kms entre Veigné et Poitiers, est prévu par gouvernement au plan de relance autoroutier.
Le cout est estimé à 825 M d’Euros hors taxe au condition économique d’octobre 2016.
Il a fait l’objet d’un protocole entre l’Etat et le concessionnaire  Vinci.
Le gouvernement a allongé la duré des concessions et a accepté l’augmentation les tarifs des péages au 1er février.
Les concessionnaires autoroutiers  se portent bien leurs bénéfices explosent : 1,5 Md d’euros par an.
Ce projet pose question sur les choix de société au niveau des transports ce qui doit tenir une place dans le débat.
La question des transports se trouve aujourd’hui au cœur d’enjeux essentiels : climat et environnement, santé publique, aménagement du territoire, enjeux sociaux et économiques.
Je voudrais vous faire part de quelques remarques contenues dans le rapport de l’Autorité environnementale, le Conseil général de l’environnement et du développement, sur le dossier Vinci.
L’Autorité environnementale indique que sur le fond, le dossier présente des manques importants dans la justification des hypothèses retenues, notamment en ce qui concerne les trafics, ce qui ne permet pas d’évaluer avec précision la pertinence des études qui en dépendent : air et santé, bruit, émissions de gaz à effet de serre…
Pour l’Autorité environnementale, l’absence de présentation claire des impacts du projet sur les trafics constitue une lacune majeure du dossier.
De même, dans son dossier, Vinci minimise la mise en service de la LGV qui place Bordeaux à deux heures de Paris et il ne tient pas compte des effets attendus des nombreuses mesures liées à la mise en œuvre de la loi de transition énergétique.
Est-ce que ce projet s’inscrit bien dans les objectifs du schéma de cohérence territoriale (SCoT) de Tours et celui de Poitiers Châtellerault ?

  • Préserver la qualité du cadre de vie,
  • Pérenniser les espaces agricoles et forestiers (la forêt de Châtellerault va être impactée…),
  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre,
  • Réduire la vulnérabilité aux risques et nuisances,
  • Donner priorité aux mobilités durables

Les plans de déplacements urbains, pour améliorer les déplacements domicile/travail entre Tours, Châtellerault et Poitiers, prévoient-ils de favoriser les transports en commun, l’inter modalité et le covoiturage ?
Ces objectifs pourraient apparaitre contradictoires avec celui du projet Vinci…
Ce projet va poser des problèmes de bruit et vibrations, de qualité de l’air, la qualité de l’eau et la préservation des milieux aquatiques, de risques sanitaires et des émissions de gaz à effet de serre…
Le dossier Vinci reste peu précis sur les effets cumulés du projet avec ceux de la LGV ainsi que sur les zones de stockage de matériaux.
Selon l’Autorité environnementale, l’impact sur le climat, lié à l’émission de gaz à effet de serre des travaux et du fonctionnement de l’infrastructure, fait bien partie des incidences négatives sur l’environnement.
Ce projet est-il cohérent avec les engagements de la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.
L’Europe demande à la France de revoir sa copie pour améliorer la qualité de l’air.
En effet, la France dépasse régulièrement les limites d’émissions pour les particules fines et les dioxydes d’azote.
Parmi les principaux responsables de l’émission des gaz à effet de serre figurent au premier chef, les transports.
Nous voyons bien que ce projet ne s’organise pas autour de l’intérêt général, mais va privilégier les logiques financières et les mises en concurrence avec le développement du tout transport de marchandises par la route.
Aujourd’hui, le transport de marchandises représente 20% du trafic.

Nous devons agir pour le report modal, de la route vers le rail, ce serait bien un levier puissant pour lutter contre le réchauffement climatique et la pollution.
Redonnons au rail toute sa place, les transports ferroviaires de passagers et de marchandises doivent redevenir de grands services publics.
Oui bien sur, nous devons demander à Vinci de tenir compte de nos exigences pour apporter des aménagements  (murs antibruit absorbant, enrobé phonique…etc…) mais sur le fond, le développement de ces politiques de transport par la route tournent le dos aux exigences environnementales.
Je terminerai mon intervention en vous disant que je ne suis pas favorable à ce projet, je ne voterai pas la motion.
 

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