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Institutions / La dérive présidentialiste : Culte du chef et mépris des élus ...

Avec l’omniprésence de SARKOZY, tous les observateurs s’étaient inquiétés du peu de marge de manœuvre qui restait à son Premier ministre pour présenter son discours 
de politique générale ...

- FILLON, devant l’Assemblée nationale, n’a pas évité l’écueil, déclinant sans surprise tout le dispositif déjà détaillé à satiété par son chef. Condamné à être moins précis puisque manifestement ce n’est pas lui qui fixe le rythme, le locataire de Matignon s’est même abstenu de tout calendrier, un tour de force alors qu’il est annoncé partout depuis des semaines que la session d’été sera menée à marche forcée. Une imprécision qui, sur plusieurs dossiers, lui a aussi permis d’entretenir le flou et d’enrober de belles phrases creuses les mesures pourtant très brutales en préparation.

Alors, devant une telle impression de déjà vu, quelle conclusion en tirer ?

- Effacement programmé et délibéré du Premier ministre au profit d’une présidentialisation à outrance du régime ou plus simplement répartition des rôles pour transformer le Premier ministre et son équipe gouvernementale en exécuteur appliqué des basses œuvres ? Les deux à la fois, en vérité. Le Premier ministre a clairement revendiqué le “ couple ” fusionnel qu’il entend former avec le chef de l’État, mais manifestement l’égalité n’est pas au programme. Il y a un numéro Un à l’Élysée et sa doublure à Matignon. Les députés ont droit au second tant que le titulaire n’a pas le droit d’entrer dans l’hémicycle.

- La réforme de l’article 8 de la Constitution est donc annoncée pour autoriser le chef de l’État à présenter directement sa politique au Parlement. Que restera-t-il alors de la responsabilité du gouvernement devant les élus de la nation ? Rien ou presque. Car c’est l’aspect le plus grave de l’évolution institutionnelle que le tandem SARKOZY-FILLON est en train d’imposer : la perte définitive de contrôle du Parlement sur la politique du gouvernement, qui ne détiendrait plus sa légitimité que de l’onction présidentielle.

- La dérive présidentialiste induite par le quinquennat est poussée à son terme, entraînant derrière elle son corollaire, une vie politique bipolaire structurée par l’alternance présidentielle et l’ambition de qualification pour le second tour de cette élection. Mais le rôle de FILLON, même second, n’est pas mince. Le voilà exécuteur en chef du programme SARKOZY, tentant même de se mettre à l’abri de la critique parlementaire et sociale au nom d’une maxime non dite,

“ Nicolas a dit… j’applique, un point, c’est tout ”

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