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Journée mondiale de lutte contre l’homophobie : mariage militant le 17 mai à Poitiers

Le 17 mai journée mondiale de lutte contre l’homophobie, a eu lieu devant la Mairie de Poitiers un mariage militant entre 2 jeunes femmes, Camille et Coralie, hétérosexuelles mais qui s’engageaient par cet acte symbolique pour l’égalité des droits.

 

L’association poitevine « En Tous Genres » a mis le débat de l’égalité des droits pour les homosexuels sur la place publique...

David Allizard, président de l’association, constate que la société évolue mais que les discriminations persistent dans de nombreux lieux : à la banque où les couples de salarié-e-s homos n’ont pas les mêmes droits que les hétéros, à la Préfecture où les homosexuel-le-s étranger-e-s persécuté-e-s dans leur pays ne bénéficient pas du droit d’asile, à la Mairie où les homosexuel-le-s n’ont pas le droit de se marier, à l’Hôpital où les couples de femmes homosexuelles n’ont pas droit à la procréation médicale assistée et les couples d’hommes à la gestation pour autrui (et David rappelle que les homosexuel-le-s ne sont pas stériles) etc...
Même si les choses bougent et que l’homosexualité est mieux acceptée, il reste compliqué pour de nombreux jeunes de faire leur coming out et « le taux de suicides est plus élevé que chez les hétéros et beaucoup de personnes sont victimes de persécutions. » C’est pour recueillir leurs appels de détresse que l’association a mis en place une messagerie téléphonique. Elle fait régulièrement des interventions dans les collèges et les lycées où l’on mesure comme c’est difficile de vivre librement son homosexualité en particulier en milieu rural.

Ce 17 mai, l’association a organisé devant la Mairie de Poitiers un mariage militant entre 2 jeunes femmes, Camille et Coralie, hétérosexuelles mais qui s’engageaient par cet acte symbolique pour l’égalité des droits.

David Allizard a donné le sens de cette manifestation : « Nous voulons rappeler ses engagements de campagne au nouveau président de la République sur le mariage et l’adoption. La devise républicaine n’est pas appliquée. Si on ne respecte pas l’égalité, il ne peut y avoir ni liberté ni fraternité. » 

Camille a expliqué : « Cette initiative et cette décision de célébrer ce mariage s’inscrivent dans une vraie démarche militante. Nous sommes toutes deux des militantes de l’égalité et de l’égalité des droits. L’homosexualité est une vraie question de société et il est grand temps que les choses changent. » et Coralie a ajouté « nous devons continuer la lutte contre les discriminations. »

« Sœur Quéquette » en co-célébrant le mariage, a complété : « Cet acte n’est pas une mascarade mais bel et bien un soutien citoyen et républicain à la communauté LGBT ; il va dans le sens d’une humanité pleine et entière et participe à l’émancipation de la personne humaine. »

Enfin Patrick Coronas, conseiller municipal communiste a fait un discours très applaudi : « Bonjour.
Je suis très heureux de vous accueillir sur le parvis de l’Hôtel de Ville pour cette cérémonie. Il ne s’agit pas d’une cérémonie officielle car il n’est pas utile de perdre en justice inutilement pour la cause que nous défendons. Mais il s’agit d’une cérémonie que j’espère bientôt officielle.
Il ne s’agit pas non plus d’une provocation mais d’une manifestation festive. Manifestation festive qui rappelle la nécessité d’officialiser le mariage civil pour tous les individus qui le souhaitent quelle que soit leur orientation sexuelle.

Il s’agit en fait de mettre en application la devise de notre République :
- liberté : liberté de vivre son orientation sexuelle
- égalité : égalité de droits et de devoirs pour tous les couples
- fraternité : vivre en acceptant l’autre tel qu’il est

La République ne s’est jamais bien portée lorsqu’elle a oublié sa propre devise comme en refusant le droit de vote aux femmes jusqu’en 1944 ou en ne donnant pas les mêmes droits à tous ses habitants dans les départements hors métropole.

La liberté de l’orientation sexuelle est toute récente : 1981.
Rappelons-nous qu’une loi de 1960 classait l’homosexualité comme fléau social.
Rappelons-nous qu’en 1968, l’homosexualité est classée par l’OMS comme maladie mentale.

Aujourd’hui donc cette liberté existe mais qu’en est-il de l’égalité ?

Si on admet que l’on peut vivre sa sexualité comme on le désire, on doit aller jusqu’au bout et permettre à tous les couples d’accéder aux mêmes droits et aux mêmes devoirs. C’est le sens de notre action d’aujourd’hui pour le mariage civil.

Mais profitons aussi de ce moment pour poser la question de la fraternité. En effet, il est encore difficile aujourd’hui de vivre son homosexualité :
- difficile lorsque l’on est jeune
- difficile dans certains milieux
- difficile dans certains lieux

Les réactionnaires de tout poil (religieux, politique et notre parti ne fut pas toujours des plus ouverts…) ne supportent pas cette liberté. C’est pourquoi ils remettent en cause toute législation visant à construire l’égalité.

La fraternité sera là lorsque quelle que soit son orientation sexuelle, le regard de l’autre sera sans jugement. Le droit à la différence existe réellement quand on est libre d’être ce que l’on est…et lorsque je pourrai officier pour tous les couples comme je le fais maintenant. »

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