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Fonderie du Poitou Alu : Un rapport d’expertise montre l’entente entre Renault et le groupe Montupet : La firme automobile doit reprendre la Fonderie !

A quelques jours d’une audience décisive au tribunal de commerce de Nanterre, le 11 avril prochain (de nombreux cars doivent partir de la Vienne pour soutenir les salariés ) et à l’issue d’un CE extraordinaire , est diffusé un rapport d’expertise qui prouve l’entente entre Renault et le groupe Montupet...

Ce rapport réalisé par le cabinet Accuracy, terminé le 9 décembre 2011 n’a été mis à la disposition du CE que la semaine dernière sans doute parce que ses conclusions ne sont pas en faveur ni de Montupet ni de Renault et confirment l’analyse que fait l’intersyndicale de FDPA depuis 2 ans !

En effet , les experts démontrent dans ce rapport les liens très étroits qui ont uni Renault à Montupet depuis la phase de rachat en 2009 comme l’année dernière dans le processus qui voulait conduire à la casse industrielle de l’usine d’Ingrandes pour la remplacer par une usine en Bulgarie. Fabien Gâche, coordinateur CGT Renault explique le processus :

Première étape : « On habille la mariée » Selon les experts, la firme automobile , lors de la reprise par Montupet en 2009, a mis 6,2 millions d’euros sur la table et s’est engagée sur des volumes de commande « très significatifs » ( selon le rapport du cabinet) que la firme automobile n’a pas tenu.

Deuxième étape : On organise les difficultés : Montupet surfacture les « frais de siège » et Renault se lance dans un « surstockage » ce qui traduit, toujours selon les experts, « une éventuelle anticipation d’une défaillance de FDPA » ce que Fabien Gâche commente par « ces stockages massifs, c’est la signature que l’objectif de Renault était la disparition pure et simple de la FDPA . » 

De plus Renault trahit toutes ses promesses en baissant ses commandes …

Troisième étape : on culpabilise les salariés en déclarant les salaires trop élevés et le process utilisé obsolète alors que tous les experts déclarent le contraire.

La quatrième étape qui n’a pas pu être mise en œuvre grâce à la lutte lucide et résolue des salariés, était la délocalisation en Bulgarie et la mort de la Fonderie Alu d’Ingrandes.

Au total, Renault a dû débourser entre 12 et 13 millions pour favoriser Montupet et la firme automobile s’engage en plus à financer des investissements pour 11 millions d’euros. Or continuer avec Montupet signerait la mort de FDPA comme le démontre le rapport d’Accracy . Le tribunal de Nanterre doit s’y opposer.

En vérité la meilleure des solutions c’est la reprise par Renault qui injecte directement de l’argent depuis des années.

Réintégrer cette fonderie comme ça a été fait avec Cléon et Les Fonderies de Bretagne ce serait rentable mais Renault s’y refuse pour l’instant pour des raisons idéologiques : il faut casser le code du travail et les acquis du Conseil national de la Résistance, organiser la peur permanente de la perte de l’emploi.

Cette logique nie la dimension humaine du travail mais est aussi nocive sur le plan économique : il faut annexer la finance aux besoins de l’économie et mettre l’économie au service de l’homme et non l’inverse...

Renault fait pour l’instant le choix de la délocalisation. Rappelons que l’Etat est son grand actionnaire !

Eric Bailly, secrétaire du CE informe que le CE extraordinaire qui a été suspendu pour la conférence de presse et qui était consacré aux offres des repreneurs a examiné le plan de continuation de Montupet : « ça a été chaud, on persiste à dire que la rupture est consommée avec Montupet et qu’il n’y a pas de pièce à y recoudre. » Une consultation a donné 98% de réponses excluant l’hypothèse Montupet.

Le secrétaire de l’Union départementale CGT , Pascal Briand s’étonne que la Région Poitou-Charentes dans un partenariat entre l’Etat et l’IUMM ( patronat de la métallurgie ) s’apprête à donner 1 722 120 euros à FDPA pour financer le chômage partiel !

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une politique nocive qui consiste à remplir les poches des actionnaires avec des aides publiques mais dont on pouvait penser que la Région Poitou-Charentes ne l’appliquerait pas ou plus !

galerie photos du 4 avril 2012 - Intersyndicale de la Fonderie du Poitou Alu

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