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Hommage à Jane Roux - Une vie de femme et une vie de militante

Jane Roux avait fêté ses 103 ans le 14 janvier dernier, elle nous a quittés en ce printemps

Le 14 janvier 1908, à Archigny, naissait une fillette qui fut prénommée Jane. Cette fillette a parcouru le siècle, et quel siècle !

Les parents de Jane étaient instituteurs avant elle à la Chapelle-Viviers où elle suivit sa scolarité primaire. Elle fit la connaissance de Maurice Roux, instituteur à Moussac, ils se marièrent et furent nommés à Adriers, dans le canton de l’Isle Jourdain.

Leur vie commune se déroula dans cet espace de temps, très court, qui sépare les deux conflits majeurs du siècle dernier dans cette grosse commune du Montmorillonais très marquée à gauche car c’était un pays de métayage, survivance du servage, qui fut supprimé à la Libération.

Vint la période des années 30, la montée des forces fascistes en Allemagne mais aussi en France. C’est aussi l’époque de la montée de l’unité des forces de gauche et l’arrivée du Front Populaire. L’activité politique était intense. Les réunions se multipliaient dans la Vienne avec, en particulier, Jean Richard Bloch. Les Roux étaient, évidemment, partie prenante du Front populaire à Adriers et étaient aussi de farouches défenseurs de la laïcité, aux côtés de Monsieur Robichon, futur Capitaine Vauquois dans le maquis et père de notre camarade Jacqueline Riffaud. Tout cela déplaisait souverainement au Directeur de l’école de garçons, homme de droite, d’autant que la Mairie était également à gauche.

Vint 1940 : le mari de Jane, en mauvaise santé, ne fut pas mobilisé. Puis vint l’occupation. Adriers fut un temps en zone non occupée, puis en zone occupée. Le directeur de l’école, légionnaire pétainiste, dénonça au pouvoir de Vichy ses collègues qui avaient refusé d’enseigner à leurs élèves « Maréchal nous voilà » : Maurice et Jane Roux furent déplacés à Thollet au milieu de l’année scolaire. Vinrent des jours sombres, Raymond Roux, gravement malade, s’éteignit, laissant Jane seule avec sa fille. Thollet était une zone de maquis et Jane, avec la population, aida la Résistance.

Vint la Libération, Jane demanda sa mutation à Chauvigny pour que sa fille puisse aller au collège. Elle fut ensuite nommée à Poitiers, à l’école de la rue Cornet.

Vint l’âge de la retraite en 1963 : 48 ans de retraite, bien occupée !

Jane milite plus que jamais au parti qui est le sien depuis toujours, le Parti communiste et à d’autres associations, féministe, pacifiste, syndicale, etc. Elle arpente les rues de Poitiers à chaque manifestation, contre la Guerre d’Indochine, contre la Guerre d’Algérie, pour le pouvoir d’achat, la démocratie à défendre… les causes ne manquent pas et elle répond toujours présente.

Curieuse de tout, passionnée de lecture, de cinéma, de théâtre, elle parcourt le monde et était au Portugal au moment de la Révolution des Œillets. Elle suit avec attention la situation politique et lors de son centenaire s’était indignée des discours de Latran et de Riyad du premier personnage de l’Etat, inquiétants pour l’avenir de la laïcité. Elle dénonçait avec clarté, à cette même époque, les tentatives de casse des acquis du Front populaire, du programme de la Résistance et de mai 68.
Notre parti est fier d’avoir compté une telle femme parmi ses membres.

Cet article a été écrit par Françoise Poteau à l’aide des informations du discours que notre camarade René Bibault avait prononcé à l’occasion des 100 ans de Jane.

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