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Hommage à Camille Roy

Notre très cher camarade Cam nous a quitté, dans son sommeil, la nuit du 12 août, après une journée heureuse et active en famille dans sa chère Pocterie...

Nous lui rendons hommage par la voix de deux camarades.

 

Hommage à Camille Roy, prononcé par Jean-Louis Moreau, secrétaire du PCF du châtelleraudais, au cimetière Saint Jacques, le 17 août en présence d’une foule émue et vibrante, sous un soleil de plomb.

« Chère Suzanne,

Nous sommes rassemblés aujourd’hui avec tes enfants Dominique, Jean-Christophe, Claudine, tes petits enfants, ta famille, tes amis, tes camarades pour rendre hommage à Camille, que nous appelions tous affectueusement Cam.

La disparition brutale de Cam nous remplit de tristesse. Dans ce moment de douleur, de chagrin, je veux te transmettre ainsi qu’à tes enfants et ta famille, au nom des amis, des camarades, toute notre sympathie, notre fraternité et vous dire que nous partageons votre peine.

Difficile de résumer les plus de 60 années d’engagement, de militantisme de Cam. Un engagement, un militantisme pour l’humain d’abord, pour faire en sorte que demain soit plus beau, plus fraternel, plus pacifique.

Un engagement sans relâche dans les actions pour l’émancipation humaine qui s’est traduit au début de l’année 1952, alors étudiant à l’École Nationale Supérieure d’Education physique de Paris, par l’adhésion au Parti communiste français. Une adhésion qu’il n’aura eu de cesse de renouveler jusqu’à son dernier souffle.

Un engagement dans sa vie professionnelle pour transmettre les valeurs du sport : dépassement, respect de soi, de l’adversaire, des règles du jeu, solidarité, esprit d’équipe, goût de l’effort...

Un engagement dans sa vie citoyenne : alors qu’il est en poste au collège Descartes, il met en place avec les médecins de l’hôpital de Châtellerault un service de rééducation physique pour les enfants des écoles primaires de la ville atteints de déformation de la colonne vertébrale. Soucieux de l’accès du plus grand nombre à ces soins et en particulier des enfants des milieux populaires, Cam fait ouvrir une salle dans l’ancienne caserne. Son poste sera supprimé par J-P Soissons, alors secrétaire d’Etat à la jeunesse et au sport dans le gouvernement de droite de l’époque. Cam, naturellement, résiste, il fait un recours au Conseil d’Etat qui annulera cette décision. Malheureusement arrivé très tardivement, ce service ne pourra se poursuivre.

Un engagement sur tous les fronts, Cam milite pour la paix au moment de la guerre d’Algérie, de la guerre du Vietnam, pour le désarmement nucléaire et j’en oublie.

Un engagement pour la jeunesse avec l’Union des vaillantes et des vaillants ou en assurant, à titre bénévole, pendant l’été, le poste de maître-nageur à la première piscine municipale du département, construite par notre camarade Maillochaux, député-maire de Gouex.

Cam avait le militantisme chevillé au corps, pas de répit même pendant la maladie, lors de son séjour de 6 mois en sanatorium, il crée une cellule au sein de l’établissement médical.

Cam, c’est la fidélité, la loyauté, le respect des décisions prises. Ce qui lui valut un début de carrière peu commun, un zéro à la note d’inspection. Son syndicat, le SNEP ayant appelé au boycott des inspections, ils ne seront que 3 en France à respecter la consigne syndicale.

Un engagement au Parti communiste français où Cam eut des responsabilités au niveau départemental et local. Cam a fait beaucoup, avec humilité, fraternité, ténacité, grand sens des responsabilités pour développer l’action politique sur Châtellerault. La ville où il était né dans une famille modeste, la ville où il a grandi dans la maison familiale au bord de l’Ozon près du moulin du même nom. La ville à laquelle il était profondément attaché et où il milita au sein des collèges Descartes et Georges Sand, dans le quartier du Petit Bordeaux avec Michel, Denise, Robert, Marthe, Roland...Puis ces dernières années, sur la quartier d’Ozon où il avait organisé un plan de diffusion sur ce grand quartier en prenant le soin d’y associer le maximum de personnes, encartées ou pas. Cam avait ce souci permanent, permettre à chacune, à chacun de s’investir.

Cam c’est le sens de l’organisation, le souci de la promotion des militants, de la transmission des savoirs, de la connaissance du terrain. Cam ne lâche rien tant qu’il pense qu’il peut aboutir.

C’est ce qui me valut notre première rencontre, à peine arrivé à Châtellerault en 1979 et ensuite une trentaine d’année de militantisme à ces côtés où j’ai pu apprécier ses qualités dans le débat politique au sein du parti, sa disponibilité, son engagement pour défendre les plus humbles, ses qualités humaines.

Cam ne renonçait jamais, même dans les moments les plus difficiles, il avait sans doute fait sienne cette devise philosophique : "C’est quand on a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien".

Cam c’est l’engagement sans rechercher le devant de la scène, il aura plus fait campagne pour les autres que pour lui même. Il conservait méticuleusement les listes des anciens adhérents, de celles et ceux qu’il avait croisé lors d’un porte à porte, de la signature d’une pétition sur le marché ou à la porte d’une entreprise. Je me souviens de la campagne des régionales de 2010 où il m’a accompagné sur la commune de Beaumont. Plus récemment son engagement dans la campagne des dernières législatives pour faire connaître à nos candidats le canton de Vouneuil/Vienne récemment rattaché à la 3ème circonscription de la Vienne.

Un canton qu’il connaissait comme sa poche et où il fut candidat aux élections cantonales à plusieurs reprises. Cam et Poucette avaient fait de la Pocterie leur résidence principale au début des années 80 et Cam s’est alors investit dans l’organisation du Parti sur le canton. Il était un familier des ouvriers de Fenwick qu’il rencontrait régulièrement à la porte de l’entreprise pour leur distribuer un tract, faire signer une pétition ou diffuser l’Huma.

Pour l’Huma, Cam aura fait beaucoup, il avait la conviction que la diffusion des idées, l’élévation de la connaissance, l’enrichissement culturel sont essentiels dans la lutte de classes, dans le combat pour la transformation du vieux monde capitaliste.

Cam ne rechignait pas aux tâches matérielles, au contraire, je pense qu’il trouvait plaisir à côtoyer les camarades dans des moments plus détendus, plus festifs. Ainsi, il n’a jamais manqué au montage et démontage des stands de la fête départementale du parti que nous organisions en juin à Châtellerault.

Cam a eu de nombreuses responsabilités politiques au sein du Parti dont celle de trésorier de la section du châtelleraudais pendant une dizaine d’années. Nous lui devons l’acquisition d’un nouveau bâtiment, l’ancienne épicerie de la rue Krebs, en face la Manu, qui deviendra en 1999 l’espace citoyen que vous connaissez et qui accueille la section du PCF, Culture pour Tous, la jeunesse communiste et qui est depuis quelques temps le lieu de rendez-vous du collectif du Front de gauche du châtelleraudais.

Cam avait souhaité abandonner ses mandats de responsable au sein des instances du parti, considérant qu’il était temps de passer le flambeau. Pour autant il continuait toujours à militer, à se tenir informé, il lui arrivait de passer un coup de fil aux responsables de la section pour se tenir au courant, suggérer une idée, une initiative, nous solliciter pour la diffusion de l’Humanité. D’ailleurs je suis persuadé qu’il avait ou qu’il allait passer commande du dernier numéro hors série de l’Humanité consacré à Paul Vaillant-Couturier.

Ma chère Suzanne, les mots me manquent. Comme l’écrivait Victor Hugo "les mots manquent aux émotions".

Cam te manque déjà, vous manque déjà, nous manque déjà.

Mais l’engagement, l’action sans relâche de Cam pour la défense des valeurs de justice, de liberté, de paix, pour la construction d’une société plus humaine, plus solidaire, plus juste resteront.

Poursuivre les traces de cet engagement : c’est sans nul doute ce que Cam aurait souhaité comme hommage. »
Jean-Louis Moreau, secrétaire du PCF du Châtelleraudais

L’Internationale, des poèmes et des chansons, en particulier de Jean Ferrat, des témoignages poignants et drôles tout à la fois de sa famille, en particulier de ses petits enfants dont il fut le merveilleux grand-père et de ses amis, l’ont accompagné. Quelques extraits :
« Tu aurais pu vivre encore un peu
Pour notre bonheur pour notre lumière
Avec ton sourire avec tes yeux clairs
Ton esprit ouvert ton air généreux… »

Jean Ferrat 

Dans la forêt sans heures
On abat un grand arbre
Un vide vertical
Tremble en forme de fût
Près du tronc étendu.
Cherchez, cherchez, oiseaux,
La place de vos nids
Dans ce haut souvenir
Tant qu’il murmure encore.

Jules Supervielle, Le forçat innocent

Nous sommes très fiers, Cam, qu’un homme tel que toi, incarnation même de « l’Humain d’abord », ait fait son chemin de vie avec nous, au cœur de notre Parti...
Nous embrassons Poucette et tous tes proches...

Françoise Poteau

Discours prononcé le 16 août 2012, au Funérarium de Fontaine Le comte, en présence, sous un soleil éclatant, d’une foule venue de tout le département de la Vienne rendre hommage à l’homme et au militant, par Paul Fromonteil au nom de notre Parti.

« Chère Poucette,
Dire « Adieu » à Cam, c’est un moment très douloureux. Je veux vous dire au nom de tous les amis et camarades combien nous partageons votre peine. Cam nous a quittés dans la nuit du 12 après une journée heureuse dans cette Pocterie qu’il aimait tant. Il nous a quittés avec cette discrétion qui était la sienne, mais nous privant brutalement de sa présence.

C’est en rejoignant ses camarades de la cellule de l’Ecole Nationale Supérieure d’Education Physique à Paris, qu’il devient militant communiste dès 1952. A partir de là, Cam est de tous les combats politiques, de toutes les luttes.

Nous nous sommes rencontrés à cette époque à l’occasion des relais de la Paix. Nous chantions pour la paix alors que la menace d’une nouvelle guerre atomique était réelle. C’est le début d’un long chemin de camarades et de militants suivi ensemble.

C’est dans le même train que nous sommes arrivés à la même caserne pour l’école d’officiers de St Maixent ; mais nous fûmes rayés de la liste du peloton d’élèves officiers parce que nous luttions contre la guerre d’Algérie : nous étions fidèles aux luttes pour l’indépendance des peuples et nous refusions la violence des guerres coloniales.

Tous les deux faisions partie de cette génération des jeunes de la Libération qui, après les années noires du nazisme et du fascisme, ont vu revivre les idéaux de justice, de fraternité.

Comme l’a si bien dit Pablo Picasso, les jeunes des ces années « allaient au communisme comme on va à la fontaine boire l’eau claire de la liberté ».

Cette génération avait la certitude de s’engager dans la construction de « lendemains qui chantent ». Des certitudes qui malgré les chaos, les avatars, ont donné une rectitude à l’engagement, une profondeur aux convictions. Il fallait prendre en compte la complexité, les déboires, les contradictions, sans se décourager, en approfondissant sa compréhension des choses, … et poursuivre sa route.

C’est ce qu’a su faire Cam, faisant de sa vie un exemple, voire un modèle pour les jeunes d’aujourd’hui.

Effectivement, jeune enseignant d’EPS, il milite bien évidemment au SNEP, défendant la place de l’éducation physique à l’école et dans la cité. Cet engagement se concrétisera par la mise en place du comité des Vaillants, qui proposera pendant plus de 10 ans, des activités de loisirs et de culture aux enfants des quartiers populaires. Il participe souvent lui-même à l’encadrement, le soir, les week end ou pendant les vacances.

Dans le même esprit, il assure bénévolement les fonctions de maître nageur de la première piscine municipale du département, voulue par le député maire communiste de Gouex.

Membre du secrétariat fédéral, il se montre un secrétaire de section du PCF infatigable pendant de longues années, responsable d’une section forte de nombreux élus, de plusieurs centaines d’adhérents, celle du Châtelleraudais, ayant un large écho dans les entreprises comme dans les milieux culturels et associatifs.

Aussi actif dans ses responsabilités que sur le terrain, iI est partout dans le châtelleraudais, aux portes des entreprises, sur les marchés, dans les quartiers.

Candidat communiste aux élections, notamment dans le canton de Vouneuil sur Vienne, dont il est le responsable politique du Parti pendant des années, il contribue activement à la victoire de la gauche en 1981 : à Châtellerault, une municipalité socialo-communiste remplace enfin la municipalité de droite de Pierre Abelin.

Plus tard, en tant que responsable des finances de la section, il dote la section châtelleraudaise de locaux adaptés : l’espace citoyen de la place Clément Kreps. Il porte une attention soutenue, tenace à la diffusion de l’Humanité et de l’Humanité dimanche. Pour lui, « gagner un lecteur, c’[était] faire avancer les idées et nourrir le combat social ».

Sa dernière campagne est celle du Front de gauche des présidentielles et des législatives où il a participé avec ardeur à l’affirmation d’une gauche porteuse d’une possibilité de transformation et capable d’un changement durable donnant la priorité à l’humain.

Une fois de plus, il est en pleine cohérence avec les valeurs qui l’ont toujours guidées :
Tous ceux qui l’ont connu ont pu constater comment il les incarnait dans chacun de ses actes, à travers sa générosité, sa droiture, son honnêteté, son attention aux autres.

Chère Poucette, chère Dominique, cher Jean Christophe, chère Claudine Il nous a quittés, laissant un vide au sein du parti, et vous, vous perdez un être cher. Mais tous, camarades et amis, nous sommes avec vous, et des hommes de cette qualité laisse des traces, des traces fortes, cela aide à faire face à la tristesse et à la peine. Le plus bel hommage à lui rendre, c’est de continuer la lutte, en défendant ses valeurs, partout où c’est possible. »

Paul Fromonteil, ancien secrétaire fédéral de la Vienne et membre du Comité central du PCF

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