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Sur les Orientations budgétaires

Intervention des élus du groupe communiste à la Mairie de Poitiers lors du Conseil municipal du 13 février 2013 :

Patrick CORONAS
Porte Parole du Groupe Communiste
Conseiller Municipal Délégué
A la maîtrise de l’énergie

 

Nous revoilà donc chacun à sa place pour jouer notre rôle dans cette pièce. Pour ce dernier budget de notre équipe de 2008, nous rappellerons des évidences mais aussi nos idéaux et nos espoirs.

 

Comme tous les ans, les données nationales et internationales s’imposent à nous mais elles ne peuvent et ne doivent pas être le mur devant lequel nous abandonnerions nos ambitions politiques.

 

Les orientations budgétaires devront également s’inscrire dans le projet sur lequel nous avons été collectivement élus et que nous avions collectivement décidé.

 

Pour 2013, le choix national de la politique de réduction du déficit et la faiblesse de l’activité économique contribuent à limiter les ressources financières de la collectivité.

 

En effet, du côté des recettes, les responsabilités politiques sont claires et il faudra les assumer :

-la baisse des dotations de l’état (dotations, financements CAF) est le résultat de la politique budgétaire du gouvernement. On peut bien sûr estimer qu’il faut remettre de l’ordre après les 5 années de « gestion » UMP qui ont amené le déficit public de 65 à 90 % du PIB. Cependant, pour réduire ce déficit, d’autres choix sont possibles que cette politique d’austérité. Un des choix du gouvernement PS EELV est de faire partager cette rigueur aux collectivités territoriales. Nous l’avons dit à de nombreuses reprises, ce sont les collectivités locales qui assument 70% des investissements publics, ce sont elles qui par leur politique de services publics de proximité peuvent amortir le choc de la crise pour la population dont les revenus sont bloqués dans le public comme dans le privé. Les élus locaux auront beau faire preuve de toujours plus de réactivité, de souplesse et d’innovation pour maintenir leur rôle à hauteur des besoins des populations, si les politiques nationales se poursuivent, les habitants verront leurs conditions d’existence se dégrader.

Mais une fois cela dit, cela ne construit pas notre budget ni ne répond aux besoins de notre ville et de ses habitants. A Poitiers, des choix stratégiques forts ont été faits :

 

-première la décision : ne pas augmenter le taux d’imposition une troisième année consécutive pour ne pas grever le pouvoir d’achat des Poitevins. L’augmentation des impayés à SIPEA que l’on verra dans la délibération 5 confirme la faiblesse des ressources de nombre de nos concitoyens. Ce choix politique (le seul côté recette qui dépend de notre vote) nous l’assumons cette année encore mais a pour conséquence de limiter nos possibilités financières - nous y reviendrons - . Ce choix aura aussi des conséquences pour le budget des prochaines années. Nous l’assumons car cette fiscalité est devenue injuste socialement avec l’absence depuis de trop longues années de remise à plat des bases de calculs de ces taxes, réforme toujours attendue.

 

-les reversements de Grand Poitiers sont stables. Il s’agit là aussi d’une décision politique. C’est la décision qui a permis la mise en place de l’intercommunalité, la neutralité fiscale, c’est ce principe qui est illustré par la délibération 3. Une des grandes décisions des prochaines années sera sur le contenu politique et financier des intercommunalités. Quel est le vrai coût des dépenses de centralité pour une ville comme Poitiers ? Ce coût doit-il être partagé avec les autres communes de l’agglo ? Qui devra alors prendre les décisions de ces dépenses de centralité si tout le monde doit les financer ? Voilà de grandes questions pour la prochaine mandature.

 

Du côté des dépenses, nos choix politiques, ceux sur lesquels nous avons été élus, se heurtent à ceux du gouvernement. Nous sommes confrontés à de réelles difficultés.

La politique de solidarité de la ville nécessite du personnel. Il ne peut pas être question de diminuer la qualité des services rendus à la population dans les crèches, les écoles, auprès des personnes âgées, dans la culture, les espaces verts, l’entretien des espaces publics.

Rappelons d’abord que le point d’indice (donc les salaires des fonctionnaires territoriaux) est bloqué depuis de nombreuses années, que 80% des salariés sont des catégories C.

La faiblesse de l’augmentation des recettes a impliqué des réorganisations de services des modifications de missions. Cela n’a pas été sans conséquence pour les agents. Pour nécessaires que les modifications aient pu être, cela nous oblige à être attentif à la souffrance et aux difficultés des agents pour qui les missions ont été remises en cause sans que ces changements n’aient été toujours clairement expliqués ou compris. Il est toujours nécessaire de travailler cela. Il faudra d’ailleurs peut-être modifier nos modes d’actions. Le recours à des cabinets extérieurs (DELOITTE, KPMG, OBEA) qui apparaît dans la délibération 6 n’est peut-être pas la meilleure solution, le privé sait-il mieux faire cela que nos services ?

D’autre part, dans cette période d’austérité subie, Il nous faut avoir une vision claire, à court et moyen terme, de nos missions pour rendre le service public plus fort et plus efficace. Ce travail doit être partagé avec les personnels. Le personnel ne peut être une variable d’ajustement budgétaire.

 

Les dépenses d’intervention, les subventions de la ville sont également contraintes par la situation économique et la politique gouvernementale et européenne. Les besoins de solidarité augmentent, il nous faut donc agir pour y répondre, directement par un service public qui offre à chacun l’accès à la culture, à l’éducation, par l’intermédiaire du CCAS et par l’action des associations.

 

Ces dépenses de fonctionnement ne sont pas de mauvaises dépenses comme voudraient le faire croire certains. La fédération nationale des travaux publics a ainsi lancé la campagne «on n’arrête pas le futur» pour le développement des investissements publics, rien d’anormal. Nous sommes d’accord ; En revanche nous ne sommes plus d’accord, quand il est affirmé comme dans l’émission « du grain à moudre » sur France Culture du 5 février que pour investir les collectivités locales doivent diminuer leurs dépenses de fonctionnement. Non les dépenses de fonctionnement ne sont pas inutiles ce sont elles qui font vivre au jour le jour notre ville. Cependant, il faut maintenir un niveau élevé d’investissements pour assurer améliorer notre ville et offrir aux habitants des équipements et des espaces publics – écoles, gymnase, crèches, maisons de quartier- de qualité et en mettant à niveau les équipements existants. Ces équipements nécessiteront pour la plupart un fonctionnement qu’il faut anticiper et intégrer dans nos budgets. C’est là notre responsabilité politique de gérer les équipements de notre collectivité création entretien achat ou vente. Cela doit d’ailleurs s’accompagner d’un bilan de ces investissements : coût prévu, coût réel avec plus et moins values que nous votons régulièrement comme dans la délibération 6 d’aujourd’hui. Cela nous permettrait de revenir sur la pertinence du choix des prestataires lors des appels d’offre.

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Sur les Orientations budgétaires

le 13 February 2013