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Sur le Schéma Régional du Climat, de l'Air et de l'Énergie (délibération 14 sur le SRCAE)

Intervention des élus du groupe communiste à la Mairie de Poitiers lors du Conseil municipal du 13 février 2013 :

Patrick CORONAS
Porte Parole du Groupe Communiste
Conseiller Municipal Délégué
A la maîtrise de l’énergie

 

 

Les 112 pages de ce Gosplan à l’heure de l’Europe libérale ne semblent avoir qu’un but, décourager la lecture. A cœurs vaillants, rien d’impossible pourtant. Après la vision de la page une, de belles images de ruralité et un soleil couchant sur une usine tout un symbole, il faut s’attaquer au contenu. La page 19 permet de nous éclairer ou en tout cas de chercher les élus capables de connaître les contenus et les implications de tous les documents présentés dans ce tableau. Si on les trouve, c’est l’équipe idéale pour 2014.

 

Le mode de gouvernance présenté page 32 (gouvernance à 5) est celui des 5 collèges du Grenelle de l’environnement est intéressant à étudier, 1 maire sur les 30 représentants. Ceci n’a rien d’anormal dans le cadre d’un plan régional mais pose le problème de la déclinaison locale d’un tel schéma. Page 35 on passe d’ailleurs à la gouvernance 5+ (1) sans que je ne trouve ce 1.

Passé la gouvernance, connaissant les implications des plans et schémas présentés page 19 qui nous obligent et nous contraignent, que faire d’un tel document ? Essayer d’y trouver des éléments impliquant notre collectivité.

 

Page 41 par exemple, il est question de l’autonomie alimentaire de l’élevage. Cette question peut nous être posé pour l’alimentation des chevaux du centre équestre comme des animaux du Bois de Saint Pierre. Ne pouvons-nous pas utiliser nos surfaces pour produire une partie au moins des aliments nécessaires.

 

Page 59, il est proposé de réorienter l’urbanisme commercial vers les centres bourgs et les quartiers

 

Page 70, il est question de réfléchir à une logistique urbaine le quartier de la gare pourrait devenir un pôle logistique de proximité pour les livraisons. Il est aussi question de restreindre la circulation des véhicules polluants donc des plus anciens donc des personnes les moins aisées, tout n’est pas aussi simple.

 

Page 72, il est question d’autopartage. Ce concept pourrait se réfléchir aussi au service des moins aisés pour permettre à nos concitoyens de se déplacer sans avoir à engager de grosses dépenses (achat, assurance) en particulier pour des besoins professionnels lors d’un retour à l’emploi par exemple.

 

Page 90, le suivi des polluants et des composés toxiques est pertinent à faire par exemple dans le cadre de notre service de repas. Mais il faudra y rajouter les mycotoxines qui pourraient poser des problèmes sanitaires d’après une étude de Food Chem Toxicol de janvier 2013 présentant des contaminations plus importantes dans les pâtes bio. Autant s’assurer de la qualité de tous nos aliments.

 

On pourra également trouver de nombreux points sur les économies d’énergies, sur la production localisée d’énergie, éléments que nous avons commencés à intégrer et qu’il faudra continuer à intégrer.

 

Mais ce SRCAE présente des propositions mais sans poser les questions de conflits d’usages qui sont essentielles pourtant.

Il en est ainsi du tableau bilan p51.

Le conflit d’usage sur la terre et les usages agricoles est évident mais n’est pas présenté y compris dans le texte. On retrouve ainsi comme conflit d’usages:

-moins d’engrais de synthèse (donc plus d’intrants naturels comme le lisier) et une utilisation de ce lisier pour la production de biogaz

 

Plus globalement, « le bouquet» d’utilisation (agrocarburants, biomatériaux, production alimentaire bio avec des rendements entre 40 et 60% de ceux du conventionnel) posera des contraintes sur les surfaces disponibles.

 

On pourrait voir ces mêmes contraintes d’usage pour le bois énergie, le bois matériau et la forêt comme espace naturel.

 

On y trouve également des éléments de bon sens comme pages 54 et 55 traitant de la consommation d’énergie. Qui sera contre les économies ? Cependant, la lecture du document peut laisser perplexe.

On nous explique ainsi page 54 que l’évolution de la consommation d’électricité est inquiétante et doit être surveillée. Pour illustrer ceci, il est écrit que « dans les bâtiments très basse consommation, l’électricité représente plus de 90% de la consommation tous usages confondus… ». Tout est bien sûr dans les 90% et les points de suspension. Des données édifiantes pour les édiles mais en y réfléchissant, dans un bâtiment très basse consommation, même avec une consommation identique en volume d’électricité, le % sera très élevé.

Je pourrai même affirmer que dans un bâtiment neutre pour le chauffage, la consommation d’électricité sera de 100% !!! Ah, la beauté des % et des données absolues…

Page 55, on apprend que les usagers réinvestissent leurs économies dans plus de services, les méchants et le méchant effet rebond contrer lequel il faut agir. Comment ? Il faut sensibiliser pour changer de comportement.

 

Et pour cela au milieu de ces 112 pages, on nous demande de soutenir les actions d’une association NEGAWATT. Pourquoi cette association, pourquoi est-ce la seule citée dans ce document ? Pour les curieux, j’invite à lire les documents de Negawatt et les critiques que l’on peut trouver par exemple sur le blog Imposteurs afin de se construire une opinion à défaut d’un avis éclairé.

 

On pourrait continuer longtemps ainsi comme avec la page 56 et l’affirmation que « le suréclairage n’a pas apporté contrairement aux idées reçues de plus value pour la sécurité et la qualité de la vie ». Là encore, qui peut dire qu’un « suréclairage » sert à quelque chose ? Personne. Mais que cherche-t-on à nous faire dire ou accepter ?

 

Tout cela pose de toute façon une contradiction majeure. Comment peut-on mettre en place de tels plans dans le cadre de la concurrence libre et non faussée que nous impose les différents traités européens? Et d’ailleurs page 74, il est écrit que nous devrons sortir de l’OMC dans le domaine agricole pour avoir une réponse à l’échelle européenne. Quelle réponse et comment sortir de l’OMC?

 

Une réponse concurrentielle, privatisée comme pour l’énergie et comme cela est sous-entendu p102 ?

 

Le blog d’Olivier Bouba Olga enseignant à l’université de Poitiers pourra nous apporter un éclairage. Les emplois verts représentent 0,5% de l’emploi en Région…

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