Fédération de la Vienne

Fédération de la Vienne
Accueil
 
 
 
 

Hommage à Jean-Jaurès à Civray, le 31 juillet 2014

Hommage à Jean-Jaurès à Civray,

le 31 juillet 2014

A l’invitation des communistes et du Front de gauche du sud Vienne, une cinquantaine de personnes ont participé à cet hommage devant la Mairie de Civray où fut prononcé le discours ci-dessous puis sont allées  en cortège déposer une gerbe à la plaque de la rue Jean-Jaurès.  L’hommage s’est terminé par le pot de l’amitié dans une salle derrière la Mairie.

 

 

Madame, Monsieur, Chers amis, chers camarades

 

Nous célébrons aujourd'hui la mémoire d'un grand homme. Il symbolise les  combats  et l'engagement sans faille auprès de la classe ouvrière pour la justice sociale, l'égalité, l 'éducation et la paix. C'est d'ailleurs pour ce dernier combat qu'il fut assassiné il y a tout juste 100 ans  par un nommé Vilain, proche des milieux monarchistes et d'extrême droite ,

Cet engagement de classe pour une société socialiste n'allait pas de soi. Sa vie aurait pu prendre un autre tournant.

Jean Jaurès  est né  en 1859 à Castres dans une famille de la petite bourgeoisie déclassée par un retour à la terre. Il participe aux travaux des champs et parle occitan.

Elève brillant, il part à Paris en 1876, intègre l'Ecole Normale Supérieure et obtient l'agrégation de Philosophie en 1881.

Meilleur de sa promotion,  il aurait eu devant lui  un brillant avenir au sein de l'élite républicaine.

Dès son arrivée à  Paris, il  observe les combats politiques et notamment assiste à la victoire des républicains sur les royalistes lors des élections législatives de 1878 ainsi qu'au vote de l'assemblée qui amnistie  les communards.  

En 1885, il se lance dans la politique. Candidat républicain, il sera élu député du Tarn à 26 ans.

Ses premiers engagements le sont aux côtés de Jules Ferry et et d'autres   républicains modérés

En 1892 Plusieurs événements scandalisent Jaurès:

 Bien qu'il  semble indifférent à la fusillade de Fourmies qui fit 9 morts parmi les ouvriers, il est révulsé par le procès des 2 dirigeants ouvriers Lafargue et Culine.

La même année, le propriétaire de la mine de Carmaux veut renvoyer un de ses ouvriers élu maire de la ville. Faisant le lien entre le Tarn et Paris, il intervient dans la presse, entame une campagne de mobilisation pour sa réintégration, et gagne .

 Ce dernier  événement sera déterminant dans son combat pour l'émancipation de la classe ouv rière.

Après ce premier affrontement de classe, il est d'ailleurs réélu député  en 1893 lors d'une élection partielle.

A partir de cette date, il s'engage de plus en plus dans le camp du socialisme et de la classe ouvrière.

Il démultiplie son activité de journaliste, se rend partout là ou il faut défendre la cause de ceux qui n'ont d'autres choix que vendre leur force de travail pour vivre.

En 1896, il défend  les verriers d'Albi et apporte son soutien à la création de la coopérative ouvrière. Il est partisan de l'appropriation sociale et collective des grands moyens de production et d'échange. Il est l'un des rares à lire Marx dans le texte, à comprendre l'Anglais, à être à la fois polémiste et organisateur.

 

 

Mais il est aussi l'homme de la lutte contre toutes les injustices !

En 1898,  il s'engage dans la défense du capitaine Dreyfus, accusé et condamné parce que juif. Jaurès intervient à l' Assemblée Nationale en détruisant l'argumentaire du Ministre de la Guerre, multiplie les prises de position dans la presse, et à l'inverse de Jules Guesde et des républicains modérés,  il considère que le socialisme étant l'accomplissement de la justice, il  fallait combattre les injustices, toutes les injustices, d'où qu'elles viennent. Il ira jusqu'au bout pour obtenir l'annulation du jugement.

A la fin du 19e siècle, les organisations ouvrières sont morcelées.

La CGT naît en 1895.

De nombreux groupes socialistes s'organisent autour de personnalités comme Brousse, Guesde, Lafargue (gendre de Marx ), l'ancien communard Vaillant, Jaurès mais aussi Millerand ou Viviani avant leurs dérives ultra- réformistes.

Le patronat et l'extrême droite savent utiliser le racisme, l'antisémitisme,ils stigmatisent et répriment  dirigeants syndicaux , ils organisent la division pour leurrer les travailleurs.

 

Jaurès est aussi l'un des principaux artisans de la loi de séparation des églises et de l'état. Il sut là trouver la voie d'un compromis, mais d'un compromis de progrès qui fonde  depuis, le vivre ensemble, dans le respect de la liberté de conscience, à l'inverse de ceux qui aujourd'hui transforment cette riche diversité humaine en affrontements religieux pour diviser le peuple, masquer les vrais enjeux de classe et ainsi faire accepter les pires régressions sociales.

 

En 1910, Il oeuvre pour les retraites ouvrières et paysannes, le repos hebdomadaire,  et engage un combat pour la protection des travailleurs qui deviendra notre sécurité sociale. 

Il considère que ces réformes auxquelles il prend une part majeure, doivent se rattacher à un horizon  d'émancipation humaine, de mieux vivre. .En aucun cas elles ne doivent, au nom d'un soit disant réalisme, engager le peuple dans les pires reculs et la régression sociale.

 

4 axes vont en définitive guider la penser et l'action de Jaurès.

 

Tout d'abord,  lors de sa contreverse avec Jules Guesde en 1900 à Lille , il indique clairement que l'amélioration quotidienne du sort des travailleurs, l'existence d'une société plus respectueuse d'une morale républicaine seront des atouts pour réaliser la transformation sociale profonde au profit des ouvriers.

Ensuite, il est convaincu, face aux mensonges et aux manipulations d'opinions, que les travailleurs doivent avoir leur propre journal. En tant que journaliste, il connaît le poids de la presse. En avril 1904, il crée le journal l'Humanité, ouvert à toutes les tendances et pratiques du mouvement ouvrier et aux plumes des grands intellectuels tels qu’ Anatole France, Romain Rolland, Jules Renard, Octave Mirbaux.

 

Puis il comprit très tôt que sans organisation, le mouvement ouvrier ne pouvait exister.

En 1905 Vaillant, Guesde et Jaurès fondent la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière).

Ainsi, les forces socialistes se regroupent et prennent un nouvel essor.

Enfin, profondément attaché au travail parlementaire, il sait qu'un député du peuple n'est rien s'il n'est pas le porteur des colères, des revendications et des espoirs des travailleurs. Il interviendra sans relâche à l'assemblée Nationale au côté  des mineurs et de leurs familles lors de la catastrophe de Courière en 1906,  défendra des vignerons du midi, les tisseurs du nord, etc...

Il prendra sans cesse la parole comme député pour dénoncer la rapacité du patronat et des actionnaires.

 

En cette année de commémoration de la première guerre mondiale il est essentiel de rappeler le combat de Jaurès pour la paix.

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » écrivait il en 1895.Pour lui la première guerre mondiale ne sera pas le simple fruit d'un engrenage diabolique préparé par des traités. Dès 1910 il dénonce les horreurs de la guerre à venir, les connivences entre les grandes puissances pour pousser les peuples à s'affronter les uns contre les autres. Il montre que ces luttes impérialistes n'ont pour objectif que le partage des colonies, de leurs richesses et celui des marchés, et que  pour assurer leur leadership sur l'Europe, les puissances dominantes en Europe choisissent la voie de la guerre. Il démontre combien la course aux armements profite aux capitaines d'industrie et aux actionnaires.

Il fait sienne la déclaration d'Anatole France : « On croit mourir pour la patrie mais l'on meurt pour les industriels. »

Le 29 juillet 1914 il prend la parole à Bruxelles pour exalter le rôle de la classe ouvrière  dans le combat pour la paix et pour y associer tous les hommes et femmes d' Europe. Il rencontre les responsables de la CGT, ils décident d'organiser ensemble une grande manifestation contre la guerre.

Nous sommes le 30 juillet. Il se donne 7 jours pour mobiliser.

Le 31 au soir, ils  assassinent  Jaurès. La première guerre mondiale sera, comme il l'avait annoncé, une terrible boucherie !

 

De toutes parts aujourd'hui, on cite Jaurès ! Même à droite  on reprend ses mots pour mieux dévoyer sa pensée. Les dirigeants de notre pays, issus du Parti Socialiste ne se réclament de Jaurès que pour mieux tourner le dos à ses idéaux  en piétinant ses idées de justice et de Progrès social qui ont déterminé les électeurs à les porter au pouvoir. Pire, ils se mettent au service du MEDEF et de l'oligarchie financière que combattait sans relache Jean Jaurès.

Comment peut -on  imaginer un instant, comme peuvent l'annoncer certains dirigeants du PS que Jaurès aurait voté le Pacte dit de responsabilité que l'on peut appeler de renoncement, ou les autres mesures qui remettent en causes les acquis du mouvement social comme les retraites par exemple ?

 

 

Comment Jaurès aurait il pu accepter cette politique d'intervention militaire systématique qui  déploient nos armées  sur les théâtres extérieurs et arriment la France à l'OTAN.

Pour conclure cette intervention je voudrais évoquer la catastrophe   humanitaire  qui se déroule  en Palestine.

Dans l'enclave palestinienne de Gaza se produit un massacre de masse !

Un crime contre l'humanité. 

En refusant d'énoncer clairement les responsabilités de l'état d'Israël dans ce conflit, le gouvernement français à la remorque de tous les va en guerre de l'OTAN, se rend complice de ces 1 3OO morts à ce jour dont un grand nombre sont des femmes et enfants.

Cela est insoutenable !

La mobilisation populaire se développe .Elle doit encore s'amplifier, et ce ne sont pas les interdictions d'un Manuel Valls, grand admirateur de Clemenceau qui à l'époque  fit tirer sur les ouvriers et les vignerons qui peut stopper cette mobilisation populaire. Partout en Europe et  dans le monde , les peuples se soulèvent, s'indignent et demandent l'arrêt immédiat des bombardements et assassinats du peuple palestinien.

Nous mettons à votre disposition, lors du pot de l'amitié, une pétition que  nous vous invitons à signer massivement. Elle a été  lancée par Patrick le Hiaric , Directeur de l'Humanité pour exiger que le Peuple palestinien soit mis sous protection internationale;

         Je vous remercie de votre attention et vous invite à nous rendre, en cortège, jusqu'au boulevard J.Jaurès afin de déposer une gerbe du souvenir.

 

Pour le Parti communiste et le Front de gauche du sud Vienne

Christian Zielinsky