Fédération de la Vienne

Fédération de la Vienne
Accueil
 
 
 
 

Hier … RESISTER ... Aujourd'hui...

« Résister se conjugue toujours au présent » a dit Lucie Aubrac

 Le 27 mai est la journée nationale de la Résistance  car date anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance ( CNR)  et de l'unification de la Résistance . Elle prend cette année un caractère tout particulier ; parce que c'est le 70ème anniversaire de la victoire contre le nazisme ; parce que la grave crise traversée par l'Europe et la poussée des forces d'extrême droite, notamment  en France,  appellent à y faire vivre  les valeurs progressistes  de la Résistance ; Parce qu'il y a 70 ans naissait la Sécurité sociale conformément aux voeux du programme du CNR dont les acquis doivent être  toujours défendus.

A Châtellerault,  le 27 mai,  les communistes et les jeunes communistes, ont organisé,  à l'espace Clémenceau, après un dépôt de gerbe au Carré des fusillés du cimetierre de Chateauneuf, un après -midi de mémoire et de résistance : exposition, vente de livres et  dédicaces avec M.C Albert, J. Daniau,  Paul Fromonteil et N. Idir  et rencontre débat avec Nordine Idir, secrétaire national de la jeunesse communiste et auteur avec Salah Hamouri de Palestine – France . Quand les jeunes résistent.. 

Ce même 27 mai,  4 résistantes  et résistants ont été   honorés au Panthéon par  la nation et nous nous nous en félicitons,  pourtant « la fête est gâchée » ( Huma du 22 mai) : aucun n'est communiste ! C'est, de la part du Président de la République, la   preuve d'  une mesquinerie  partisane,  indigne de sa mission,  que d'écarter un Parti , figure majeure de la Résistance. C'est ne pas se montrer digne de ceux qui on su s'unir sous la houlette de Jean Moulin. Honorer  Missak Manouchian  à une époque où certains insinuent que nos maux viennent  des étrangers aurait été une réponse cinglante au Front national ...Honorer Marie-  Paule Vaillant Couturier  aurait été  montrer la place des femmes  communistes dans la Résistance, Cet ostracisme  serait-ce parce que le « Parti des fusillés », contrairement à d'autres, s'est massivement engagé dans la Résistance et ce très tôt,  comme le prouvent le témoignage de René Moreau ci-dessous ( oct 1940) et  l'exposition à la Mairie de Poitiers ? Notre camarade  nous a autorisés à reproduire son témoignage lors du  vernissage de l'exposition des associations AFMDDT 86, ADIRP 86 et de la section de Châtellerault de la FNDIRP,  à la maison de retraite  la VigennaNous l'en remercions du fond du coeur.

A Poitiers une gerbe a été déposée par des communistes, des  élus communistes  et des  jeunes communistes.

                                                                          Françoise Poteau    

https://rougepoitiers.wordpress.com/2015/05/29/discours-de-coralie-breuille-pour-la-journee-de-commemoration-de-la-resistance-27-mai-2015/

Ce mois de Mai 2015 me rappelle un passé historique qui me marque profondément puisque c’est le 70ème anniversaire de la libération des camps nazis.

J’ai passé 2 ans 1/2 au camp de RAVENSBRUCK.

C’est le 1er Mai 1945, au cours d’une évacuation sur les routes que j’ai retrouvé la liberté, se redonner la liberté par soi-même… plus de S.S., plus de chiens.

Il faut vraiment l’avoir vécu pour bien le ressentir !

Mais pourquoi ai-je vécu tout cela ?

Lorsque le 23 Juin 1940 notre pays est occupé par les troupes allemandes, nous sommes totalement sous son contrôle.

Je travaillais à la Manufacture de Châtellerault sous direction allemande, dans un atelier où il y avait beaucoup de Femmes, c’est là où j’ai fait la connaissance de Léone, Eliane, Jeannette qui sont devenues mes amies.

Nous discutions souvent des évènements mais nous ne pouvions supporter l’exigence de l’occupant. C’est alors que nous avons contacté des jeunes adultes qui étaient déjà organisés.

Nous voilà donc engagées dans la  Résistance dès Octobre 1940, nous avions 18, 19, 20 ans.

C’est suite à une dénonciation que je suis arrêtée par la Gestapo le 17 février 1943 sur mon lieu de travail avec 14 de mes Camarades.

C’est alors la prison de Poitiers pour les durs interrogatoires, les tortures pour certains, pour d’autres la fusillade à la Butte de Biard ou la déportation, ce qui fut mon cas avec mes 3 amies.

Transportées à la gare de l’Est à Paris, embarquées dans des wagons à bestiaux sans air, sans boire, sans manger, ce fut un  voyage affreux, épouvantable.

Au bout de 4 jours et 3 nuits, c’est l’arrivée au camp de concentration de Ravensbrück  surnommé « l’Enfer des Femmes » le 27 avril 1943.

Dès mon arrivée, je perds mon identité, je m’appelle : N° de Matricule 19 360, je dois le savoir en allemand.

Nous sommes dépouillées de tout ce que nous avions :

                                                      Rien,  il ne nous reste plus rien !

C’est le régime concentrationnaire pour le Grand Reich.

Ce sont les longs et durs appels pour nous compter, nous recompter par – 20 degrés, debout pendant 2 heures, c’est le marché aux esclaves pour aller travailler.

Je suis affectée à différents travaux extérieurs. Je travaille à l’assainissement des zones marécageuses, les pieds dans la neige et la boue, je creuse aussi des tranchées.

Plusieurs déportées sont attelées à un câble pour tirer un wagonnet transportant différents matériaux pour travailler.

C’était un travail épuisant sous les coups des « S.S. » et les aboiements des chiens prêts à nous mordre.

Après avoir étalé pavés et cailloux pour faire une route, nous devions trainer un énorme rouleau en ciment pesant 800 kg  pour tasser les cailloux, c’est une vraie vision d’esclavage… Mais n’oublions pas, un déporté se remplace plus facilement qu’une machine, c’est une mort programmée.

Au printemps 1944, je suis transférée dans un commando à Neubrandenburg où je travaille en usine.  Puis par la suite à nouveau transférée dans un commando voué à l’extermination, situé en pleine forêt « La Walbaü », usine souterraine où les prisonnières devaient fabriquer des pièces pour les V2. Une forte cadence est exigée, ne l’atteignant pas, je reçois des coups de cravache par les femmes S.S.

Enfin, fin avril 1945, c’est l’évacuation du camp sur les routes, sans ravitaillement. Que vont-ils faire de nous ?

Après avoir marché pendant 4 jours et 3 nuits, nous nous rapprochions des armées alliées.

Nous étions épuisées, certaines sont mortes en cours de route. Moi-même je ne pesais plus que 32 kg.

Un soir, il pleuvait, nous nous sommes évadées dans les champs par petits groupes de 3 – 4 et nous sommes cachées dans un bois.

C’est ainsi que nous nous sommes libérées par nous-mêmes.

Nous avons rencontré des prisonniers de guerre français qui nous ont protégées et cachées dans un grenier.

Qu’ils étaient bons et doux ces premiers jours de LIBERTE !

70 ans que les Alliés ont ouvert les portes de l’enfer.

70 ans qu’ils ont découvert une horreur inqualifiable, des fantômes squelettiques oscillants entre des monceaux de cadavres.

70 ans que les survivantes et survivants de tous les camps n’ont cessé de témoigner et d’agir pour que nous puissions vivre en paix et en liberté. 

                                                  N’OUBLIONS  JAMAIS.

 

Témoignage de Madame Renée MOREAU

Résistante - déportée à RAVENSBRUCK

 

Sergent des Forces Française de l’Intérieur

Médaille militaire

Croix de guerre avec palmes

Chevalier de la Légion d’Honneur

Officier de la Légion d’Honneur

 

Légende des photos: 

- Dépot de gerbe au carré des fusillés au cimetière de Châteauneuf le 27 mai denier

-René Moreau le 8 mai 2012,  Place des résistantes et résistants de la Manu 

 

http://www.dailymotion.com/video/x2rew0e_hommage-a-l-appel-creer-c-est-resister-resister-c-est-creer_news