Fédération de la Vienne

Fédération de la Vienne
Accueil
 
 
 
 

Discours de Coralie Breuillé pour la journée de commémoration de la résistance 27 Mai 2015

Discours de Coralie Breuillé pour la journée de commémoration de la résistance 27 Mai 2015

 

 

Il y a 72 ans, les résistants mettaient de côté leurs différences et s’unissaient derrière Jean Moulin dans un même espoir de liberté retrouvée et de lendemains meilleurs. Aujourd’hui, quatre d’entre eux reçoivent les honneurs de la République à travers leur entrée au Panthéon, remettant sur le devant de la scène les valeurs qui ont été et restent les valeurs de la Résistance .

Aujourd’hui, la République rend donc hommage à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Germaine Tillion. Résistants et résistantes. Socialiste, Gaulliste, Radical-Socialiste. Femmes et hommes de conviction,  qui ont lutté pour la Libération du joug nazi.

Aujourd’hui, nous leur rendons hommage, comme nous rendons hommage à ceux et celles que François Hollande a délibérément effacé de cette panthéonisation.

Nous rendons hommage à ceux et celles qui, les premiers, ont travaillé au rassemblement des forces de résistance à travers la création du Front National pour l’indépendance. A ceux qui, dès 1940, ont noué les contacts, tissé les liens, organisé la résistance face à l’occupation. A ceux qui ont lutté, de manifestations en grèves, d’attentats en attaques armées.

Nous rendons hommage à ceux et celles dont les noms ornent désormais les écoles, les coins des rues, les foyers. A René Amand, à Alphonse Bouloux, à Marie Louise Troubat, à France Bloch-Sérazin.

Nous rendons hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont choisi de ne pas plier, d’avoir le courage de lutter, malgré la peur de l’arrestation, de la torture, de la déportation dont si peu reviendront. A ces postiers, cheminots, ouvriers, instituteurs. A Émile, Simone, Marcel, Henri, Alfred, Jeanne, Léopold, Louis, Paul, Albert, Raymond, Charles, Derma et aux autres.

Nous rendons hommage à ceux et celles qui ne se sont pas résignés. A ces hommes et femmes qui ont risqué ou perdu leur vie pour assurer aux générations suivantes les Jours Heureux dont ils rêvaient.

Effacer symboliquement la place des communistes dans la résistance, c’est effacer leur œuvre dans le Conseil National de la Résistance. C’est gommer les avancées sociales et économiques qu’ils ont permis. La Sécurité Sociale en premier lieu, mais aussi la sécurité de l’emploi par la réglementation des licenciements, la liberté des syndicats, la nationalisation de l’énergie, la retraite.

Effacer les résistants communistes, c’est achever idéologiquement la destruction du système de répartition des richesses mis en place au lendemain de la Libération. C’est rendre définitivement le mot « réforme » synonyme de « régression sociale ». C’est faire disparaître de la mémoire collective que la Résistance, elle n’était pas seulement face au nazisme, mais aussi face à l’exploitation, à la misère, à la main-mise de certains puissants sur les richesses produites collectivement.

Cette résistance, face aux idées d’extrême droite comme aux injustices sociales, elle n’appartient pas au passé. Elle est notre héritage, notre devoir.

C’est à nous aujourd’hui de lutter, de marcher sur les traces de ceux et celles qui, panthéonisés ou non, ont fait dévier le cours de l’Histoire et ont transformé le monde.

C’est à nous, comme ils l’ont fait avant nous, de travailler au rassemblement des forces de résistance, de nouer les contacts, de tisser les liens, d’organiser la résistance .

C’est à nous d’inventer les Jours Heureux que nous voulons léguer aux générations à venir.

Aujourd’hui comme hier, « Créer c’est résister, résister, c’est créer ».

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.