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Les Schubertiades... Concert d'hommage à notre camarade et poète Odile Caradec en sa présence, le 14 janvier dernier

Dans le cadre de la 24 ème  saison de spectacles et de concerts du Conservatoire de Poitiers,   une salle archicomble a  rendu hommage à notre camarade Odile,  en écoutant ses poèmes[1] accompagnés par la  musique de F. Schubert, J. Brahms, et d’une création de G. Schuehmacher  …

 

Notre camarade Odile,  documentaliste en retraite, musicienne et poète  poitevine est éditée en particulier par les Editions en Forêt et Odile Verlag.

Les photos donnent une idée de l'extraordinaire réussite de cette soirée exceptionnelle  ….

 

 



[1] Poèmes d’Odile Caradec

La poésie au crépuscule

Lire des poèmes à la lumière oblique de l’automne

quand dans les chambres, plantes, tableaux flamboient

et que le tournesol unique dans le vase

se tourne vers celle qui entre avec un livre

(la mort, toute petite, se glisse entre les pages)

Lire des poèmes à l’heure tangente

entre veille et sommeil

c’est plonger tout à coup dans les secrets du monde

être prêt pour la grande croisière de la nuit (Le ciel, le coeur, p.65)

Voyage d’hiver en canicule

Par chaleur effroyable j’écoute le Voyage d’hiver de Schubert

Je me glisse dans les forêts de neige, blanches et noires

Je bois à la source de la douceur désaltérante

Infimes ou brutales, les modulations me font passer de la plus grande timidité à l’assurance la plus éclatante

Cependant mon organisme lutte de toutes ses forces contre les grosses, possessives boules rouges

Boire, s’envelopper de linges mouillés et surtout, surtout plonger dans les musiques hivernales

Pas de chevaux dans la neige, pas espacés, pas étouffés

Hennissements clairs

brouillards givrés qui sortent de nasaux

Et l’homme, l’homme couvert jusqu’aux yeux

l’homme en fourrure pleine de gouttes d’eau

l’homme tout chaud dans l’air glacial

Et la rose des vents tourne dans ma maison

et me roule dans la rondeur de l’air

mes pores bruissent (République Terre, p.44)

La violoncelliste dort avec son violoncelle

A côté d’elle

sur le grand lit

comme un mari

Il y a place ici

pour une femme de chair et d’os

et pour un instrument de bois

épicéa, ébène, érable

Il y a place ici pour le sommeil à deux

après bonne musique

bon enroulement dans la musique

bonne spirale en musique

sommeil de cordes et d’âmes