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André Lombard : souvenirs

Jean-Pierre David rend hommage à feu notre camarade André Lombard

Le nom d'André Lombard restera lié à l'histoire du PCF dans la Vienne avant et après la Guerre. Avec lui disparaît le dernier carré de ces hommes qui eurent alors une trajectoire lumineuse.     

Personnellement, je l'ai connu en 1961, au tout début de mon engagement politique, à une époque où la Guerre d'Algérie se terminait en drame intérieur, menaçant la République. Il était membre du secrétariat fédéral et je dois dire qu'il a exercé sur moi une sorte de fascination. Je le revois encore dans son blouson de cuir patiné, sobre en geste et en parole, le regard interrogateur puis animé de sa conviction. L'autorité émanait naturellement de sa personne.   

C'est en 1975, au moment de l'enterrement de sa mère, pour lequel il m'avait en la circonstance fourni des éléments du discours, que j'ai découvert une partie ô combien émouvante du parcours de cette famille paysanne. Une famille de communistes, qui a tout risqué, en connaissance de cause, dans le combat anti-fasciste et pour sauver les autres – notamment les internés politiques et les évadés du camp de Rouillé.   

André fut très tôt engagé pour la justice sociale et dans le combat politique qui en découle. Il rejoignit évidemment le maquis au sein du FTP du Groupe Noël et termina cet épisode de sa vie dans l'armée de la Libération jusqu'à la capitulation du Japon. Auparavant, il avait échappé à la mort avec quatre autres camarades en se glissant hors de l'encerclement nazi. Tous les autres maquisards de Saint-Sauvant furent ensuite massacrés à Vaugeton.      

André jusqu'à la fin de sa vie fut un militant et un homme passionné par beaucoup de choses. Et comme il ne faisait rien à moitié, sa culture aux dires de ceux qui le côtoyaient régulièrement était conséquente. Il était et demeurera pour ceux qui l'ont connu un exemple.   

Comme il appréciait beaucoup la littérature, je ne peux m'empêcher en écrivant ces lignes de penser au héros d'un roman de l'écrivain communiste Roger Vaillant, le cheminot Madru qu'un cortège attristé et admiratif conduit vers sa sépulture. Avec le sens de la litote, l'auteur leur fait porter cette appréciation : « ...les gens disaient qu'il avait été un bon bolchévique ». Les choses remises dans leur contexte aujourd'hui, je pense qu'André aurait accepté cet hommage de notre part. Jean-Pierre David.

 

Initialement paru dans la Vienne Démocratique n°1045, juin 2016

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