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Hommage de Jean-Jacques Pensec à Roger Lecoffre

Voilà bien le terrible moment de parler de Roger au passé.

Je veux porter témoignage de son action d'adjoint au maire pendant 12 ans où nous partagions à l'Hôtel-de-Ville le même bureau.

En 1977, sa désignation comme adjoint chargé des affaires scolaires par l'équipe municipale conduite par Jacques Santrot qui comptait nombre d'enseignants avait surpris. Mais rapidemment, tous les partenaires comprirent que ce choix n'était pas un fait de hasard. La qualité de son écoute, sa volonté de travailler avec tous pour la réussite des enfants étaient évidentes.

Lors de la campagne électorale de 1977, nous avions promis que les garderies scolaires avant et après le temps de l'école seraient gratuites.

C'était assez délicat à mettre en place, car les systèmes qui existaient, organisés par les parents d'élèves avec les enseignants, étaient disparates. Il fallait tenir compte des attentes, des statuts des personnes employées. Grâce au travail de Roger, à la satisfaction de tous, la promesse était tenue dès la rentrée d'octobre 1977.

Si Roger consacrait un temps important au travail des dossiers, à la réflexion, il voulait avant tout connaître la situation concrète dans chaque école et réservait des demi-journées aux visites sur place, toujours convenues avec les directeurs. Chaque fois que possible il participait, lorsqu'il était invité, aux conseils d'école et recueillait avec grand soin les informations et demandes que lui rapportaient les autres conseillers municipaux.

Les réunions qu'il organisait régulièrement avec l'ensemble des directeurs d'école de Poitiers étaient rien moins que formelles. Elles aboutissaient souvent à des inflexions de notre politique municipale, par exemple sur les problèmes de la restauration scolaire ou de la programmation des travaux où il travaillait avec Gérard Gaschet et Pierrette Poupard.

Ainsi, lorsqu'au début des années 80 apparurent les demande de création des bibliothèques et centres de documentation, il en vit tout l'intérêt et obtint que notre équipe municipale s'engage à doter chaque école de Poitiers d'un tel équipement avant 1989. Et pour vous montrer comment était Roger, quel était son esprit inventif, son intelligence pratique, comment il conjuguait son expérience professionnelle, associative et ses responsabilités politiques : lui qui connaissait bien le fonctionnement de la SNCF, il réussit à obtenir pour équiper ces bibliothèque-centres de de documentation une belle quantité de sièges de wagons de 1re classe en excellent état promis à la réforme à des conditions exceptionnelles. C'est ce que me rappelait hier un de ses amis, ancien responsable de l'Éducation nationale.

Roger s'est toujours bien gardé de prendre position dans les débats internes du milieu scolaire, mais pour lui, l'école ce n'était pas des murs et des enseignants : classes vertes, classes découvertes, ouverture de l'école sur le monde, aux problèmes du handicap comme l'initiative en direction des enfants sourds « Deux langues pour une éducation », il mettait tout en œuvre pour aider les actions qui contribuent à l'éveil, à la réussite des enfants.

Sa connaissance précise des situations dans chaque école donnait du poids à ses avis lors des discussions parfois difficiles avec les autorités administratives de l'enseignement, en particulier lorsqu'il s'agit des ouvertures et fermetures des classes.

Roger entretenait avec tous les acteurs dans son domaine de compétence – enseignants, personnel des école, parents d'élèves – des relations faites de confiance et de responsabilité.

Mais à parler uniquement de la responsabilité politique d'adjoint à la vie scolaire, j'oublierais de dire que cette période de 12 ans ne fut pas pour Roger un long fleuve tranquille. J'étais témoin de ses fréquents aller et retours Poitiers-Tarbes où Roger et Jeanne allaient soutenir Nicole, leur fille, dans sa lutte contre la maladie, sa préoccupation constante pour l'avenir de Claude, ses déplacements presque quotidiens vers Tours où il continuait sa carrière de cheminot avec d'importantes responsabilités. Roger n'était pas enfermé dans sa responsabilité d'élu, il poursuivait sa carrière professionnelle, assurait ses responsabilités familiales.
Lui, si modeste, avait été profondément touché de voir son travail reconnu par la distinction des palmes académiques, et par l'affection et l'amitié qui l'avaient très largement entouré lors du rassemblement pour la remise de la médaille.

Adjoint à la vie scolaire, Roger ne voyait pas sa fonction comme une fonction pédagogique, mais son sens profond de la fraternité est une belle leçon, une leçon de vie.

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