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Lettre d'une poitevine à l'OBS à propos de Fidel Castro, publiée avec l'autorisation de l'auteur

Marcelle KAWA

A  Madame la Directrice des Abonnements du

Nouvel Observateur

 

 

Poitiers, le 4 décembre 2016-12-05

 

Madame,

 

J’ai le regret de mettre fin à mon abonnement à l’OBS. Voilà déjà quelque temps que certaines dérives droitières de votre hebdomadaire avaient commencé à m’inquiéter.

Mais, cette semaine, la façon dont il a rendu compte du décès de Fidel CASTRO, uniquement à travers des extraits de l’ouvrage de Serge RAFFY, m’a scandalisée : «  Un spectre grimaçant » «  avec sa vieille carcasse de soldat en fin de cycle » , qui « n’a jamais été un héros, mais un montreur de marionnettes », « une momie triste ».

 

 Même au faîte de sa gloire, quand il a libéré sa patrie du joug d’une dictature corrompue à la solde des USA, il n’est qu’un « guerillero guilleret », un «  capitaine Fracasse du socialisme réel », un « caudillo facétieux et rusé », et sa mort « n’est pas un événement à Cuba ». et l’ensemble se termine par une série de photos dont la dernière est commentée d’une façon révoltante ; c’est un beau portrait, très sombre, sur lequel se détache un regard d’une rare intelligence, d’une grande puissance, comme une flamme. Commentaire : «  les Cubains le surnomment le bicho (serpent) à cause de son art consommé de manipuler et de séduire…

Un regard noir, incandescent, qu’il jetait sur ses proies avec une avidité de crocodile ».

Voilà comment est présenté, dans un journal qui se prétend de gauche, l’homme qui a redonné sa dignité au peuple cubain, qui lui a permis d’accéder à un haut niveau de culture, d’éducation et de protection sociale, qui n’a jamais retiré le moindre bénéfice personnel de sa position. Les foules qui se pressent dans tout le pays pour lui rendre hommage montrent bien à quel point, contrairement à ce qu’affirme le texte que vous publiez, sa mort est un événement. Il restera à jamais, dans le cœur des Cubains, celui qui a résisté au géant du Nord, servant d’exemple à toute l’Amérique latine.

Certes, les problèmes économiques dans l’île sont loin d’être résolus, et les libertés y sont peut-être restreintes –quoiqu’on n’en n’ait pas l’impression quand on se promène dans les rues, où les gens disent ce qu’ils pensent sans la moindre crainte. On est loin de la dictature de Franco ou de Staline !

Je suis reconnaissante à Ségolène ROYAL d’avoir, lors des obsèques, rendu à cet homme exceptionnel l’hommage qu’il méritait.

 

En ce qui me concerne, je ne prolongerai pas mon abonnement à un journal qui publie des propos aussi malveillants, voire haineux, sans la moindre contrepartie.

Vous pouvez publier ma lettre si vous le souhaitez.

 

 

 

                                                                                                 Marcelle KAWA

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