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Vœux du PCF86

Vœux du PCF86 – 24 janvier 2017

Mesdames et messieurs,
Chers amis,
Chers camarades

 

En présentant à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour vous et vos proches, je voudrais vous parler d’avenir. Plus précisément de l'avenir que nous pouvons construire ensemble, et des conditions de sa réalisation.

Vous êtes nombreux, dans votre parti, votre quartier, votre association, votre syndicat à agir au quotidien pour défendre, résister, combattre les discriminations, faire vivre la solidarité, pour un monde plus juste de solidarité, d'Humanité et de paix. Votre présence nous va droit au cœur.

J'ai choisi deux citations pour les vœux de cette année, une de Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible jusqu'à ce qu'on le fasse » et l'autre de Fidel Castro « Notre seul orgueil sera d'avoir peut-être été utile ». Ces deux citations, résument à elles seules je crois notre état d'esprit.

Antonio Gramsci disait que « la crise est le moment où l'ancien ordre du monde s'estompe et où le nouveau doit s'imposer en dépit de toutes les résistances et de toutes les contradictions. Cette phase de transition est justement marquée par de nombreuses erreurs et de nombreux tourments »… nous y sommes.

Nous somme à une période charnière, une période de crise multiforme sociale, sociétale, économique, écologique, démocratique. Une période de tous les dangers, qu'on pourrait qualifier, par certains aspects de pré-fasciste. Oui, quand on voit l'instrumentalisation des peurs on peut être inquiet.

Pour autant, tout n'est pas noir et il y a de nombreuses raisons d'espérer. La société est traversée de mouvements contradictoires. Il y a une France de la solidarité.

On le voit par exemple dans l'émotion suscitée par les procès d'Alain Mannoni et Cédric Herrou, ces simples citoyens, un enseignant-chercheur, un paysan, pas des militants, qui ont tout simplement secouru des migrants de la vallée de la Roya, et qui sont injustement poursuivis pour « délit de solidarité ». Quelle honte de voir l'État qui, après avoir requis 6 mois de prisons avec sursis, fait appel de la relaxe d'Alain Mannoni ! C'est l'État, notre État, qui est hors la loi. Ces hommes sont l'honneur de notre pays. Quand on met en regard l'issue du procès de Christine Lagarde, on se dit que notre justice est, à bien des égards, encore une justice de classe. Dure avec les faibles, douce avec les forts.

Mais quoiqu'on en dise, une fois de plus, la solidarité a la peau dure. François Fillon qui se sentait pousser des ailes en a fait les frais. Il pensait qu'après la régression sociale et sociétale menée par le gouvernement socialiste, le terrain était mûr pour aller plus avant dans la destruction des conquêtes sociales, et en particulier la plus symbolique de toutes : celle de la sécurité sociale. Devant l'impopularité de ses propositions il a dû battre en retraite. Et pour cause, selon un sondage récent, 77 % des Français déclarent que les propositions sur le système de santé vont constituer un critère déterminant de leur vote lors de l’élection présidentielle.
Il a retiré de son site du jour au lendemain sa promesse de
« focaliser l’assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l’assurance privée sur le reste ». Le film « La sociale » de Gilles Perret qui rencontre un succès grandissant tombe à point nommé. Un film remarquable qui ré-habilite Ambroise Croisat, le ministre communiste, ex-dirigeant de la CGT, qui a été le grand artisan de la création de la sécurité sociale à la libération. Le film éclaire également le rôle de la CGT qui en 7 mois a mis en place les caisses départementales de la sécu.

C'est dans ce contexte que vont se dérouler les élections présidentielles et législatives. Alors que le pouvoir sortant laisse un grand vide et a nourri un fort discrédit de la politique, c’est de l’avenir de la France, de la société que nous allons laisser aux générations futures, du projet national dans ce qu’il a de plus fondamental, dont il est question avec les échéances électorales de 2017. 
Face au projet ultra-libéral de Fillon, au projet soit-disant « social-libéral » de Macron ou national-libéral de Marine Lepen, notre objectif dans la prochaine période est simple : permettre aux français d’avoir le choix. Un choix sérieux. Une possibilité crédible d’opposer aux choix réactionnaires, un projet de progrès. 

Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on a du pain sur la planche.

En effet, tout est fait depuis maintenant deux ans pour enfermer le scénario présidentiel dans un choix tronqué, où nous n’aurions à choisir qu’entre un candidat partisan de politiques libérales et Marine Le Pen. On nous a vendu pendant un an un scénario Sarkozy-Hollande-Le Pen, eh bien maintenant que les deux premiers sont disqualifiés, discrédités, on est déjà en train d’essayer de nous revendre un autre scénario : Fillon-Macron-Le Pen. C'est la force du système en place pour produire des candidats de rechange quand les champions précédents sont usés.

Dans les années 30, face à la montée du fascisme en Europe et en France, une centaine d'organisations construisirent un front populaire pour « le pain, la liberté et la paix » qui gagna les élections nationales en 36. À l'époque le mot d'ordre de la droite était « plutôt Hitler que le front populaire ». Pour les forces dominantes du capital toutes les réponses politiques, même les pires, sont tolérées, à partir du moment où elles ne touchent pas à leurs intérêts fondamentaux.

Comme des millions de Français, ce n'est pas un changement de personnel politique qui nous importe, mais un véritable débat de choix de société. En rejetant la loi travail, la jeunesse de France a dit clairement qu'elle refusait la précarité à vie promise par cette loi. Ubérisée à perpétuité ? La jeunesse a dit « on vaut mieux que ça ». Et elle a mille fois raison.

Devons-nous accepter la servitude des marchés financiers, et négocier le poids des chaînes ou remettre en cause le système ?

Comme je l'écrivais dans mon édito de la « Vienne démocratique » de décembre, je fais un rêve. Que les socialistes critiques, écologistes de gauche, que Jean-Luc Mélenchon, sortent de leur logique de concurrence, mettent de coté leur désir d'hégémonie, leur égo et passent du « je » au « nous ».
Que tous soient disponibles pour qu'un nouveau front populaire et citoyen voit le jour et se mette en marche.

Les communistes, en acceptant de ne pas présenter un-e candidat-e de plus à la présidentielle, ont mis toute la gauche devant ses responsabilités. En cela ils sont au diapason de ce que pense une grande majorité des sympathisants de gauche qui assistent désespérés au triste spectacle de la dispersion des candidatures. Nous lançons donc notre campagne en faveur du vote pour Jean-Luc Mélenchon avec cet objectif : élargir le rassemblement le plus loin possible, pour éviter le drame d'un second tour Fillon-Le Pen et qualifier une véritable politique de gauche au second tour.

Pour préciser ce qu'est, à notre sens, une véritable politique de gauche, un véritable changement vers le progrès social et écologique, nous apportons une contribution « La France en commun ».

Une France à l'offensive pour changer l'Europe, la sortir de l'austérité et la mobiliser pour l'éradication du chômage et de la précarité. Une France mobilisée pour rejeter les traités CETA, TISA et TAFTA, une France active pour faire au plus vite de l'Europe un espace libéré de l'emprise de l'OTAN, exempt d'armes de destruction massive.

La France en commun » que nous voulons est aussi celle qui mènera résolument, courageusement, l'action contre la finance. Réorientons l'argent disponible vers la production et la répartition des richesses. Et pour cela il faudra plus qu'une bonne phrase dans un discours. On ne s'attaque pas à la finance à coups de punch-lines mais à coups de décisions politiques.

Pour reprendre le pouvoir sur les banques, nous proposons de nationaliser BNP-Paribas et la Société générale, et de les mettre au cœur d'un nouveau pôle public bancaire et financier. Ce dernier permettrait de changer l'orientation du crédit et de l'épargne, au service des projets créateurs d'emplois, créateurs de richesses et de solidarité dans les territoires, en faveur des services publics, en donnant aux salariés, à tous les citoyens, aux élus de nouveaux droits de regard sur l'activité des banques et sur les aides publiques aux entreprises.

Il faut également une lutte sans merci contre le scandale de l'optimisation et l'évasion fiscale, mettre fin aux logiques du CICE, qui ne sert qu'à enrichir des actionnaires grâce aux fonds publics, et arrêter cette accumulation d'exonérations sociales et fiscales accordées sans aucune réelle contrepartie aux entreprises. Et il y aura alors assez d'argent à réorienter pour la nouvelle industrialisation du pays, la transition écologique de nos modèles de production et de consommation. Pour lutter réellement contre la finance, réorganiser le transfert des richesses vers le travail, un des meilleurs moyens c'est encore l'augmentation des salaires. Par l'augmentation du SMIC, la revalorisation des grilles dans le privé et le dégel du point d'indice pour les fonctionnaires.

Nous abrogerons la loi EL Khomri, ce désastre social, cette loi anachronique, pour mettre en chantier une véritable loi de sécurisation sociale de l'emploi et de la formation.

Des emplois, il y en a pour toutes et tous, en repensant les temps de la vie, en diminuant la durée légale du travail, en avançant l’âge de la retraite.

Du travail il y en a beaucoup, si on veut répondre positivement et humainement aux défis du siècle. Dans la santé, dans l’accompagnement social, dans l'économie sociale et solidaire, dans l’enseignement et la formation professionnelle. Pour la transition énergétique pour répondre aux défis du changement climatique, dans le bâtiment, dans les transports collectifs, l’énergie.

Notre projet de progrès social, c’est celui d’un développement des services publics, pour leur maillage de tout le territoire, pour leur gestion démocratique, contre l’austérité qui les contraint, pour y développer l’investissement et y recruter des personnels sous statut.

Notre projet, c’est de donner une nouvelle jeunesse à la Sécu pour généraliser la prise en charge à 100%, pour un droit à la retraite à taux plein à 60 ans, la prise en charge de l’autonomie, un renforcement de la médecine du travail et la prévention des maladies et accidents, pour une réforme du financement, une démocratisation de sa gestion.

Cette ambition de progrès social passe aujourd'hui par une grande cause : la lutte contre la grande pauvreté, insupportable.

Combien de millions de personnes allons-nous sortir de la pauvreté en cinq ans quand un million sont venus grossir leur rang en dix ans ? Voilà la question à laquelle nous devons répondre.

Là il ne faut pas y aller par quatre chemins : interdiction des expulsions locatives, des coupures d'énergie et d'eau, refus des privations de cantines scolaires, suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, construction massive de logements sociaux, augmentation des places d'hébergement d'urgence, soutien à l'insertion dans l'emploi, égalité salariale femmes-hommes, élargissement de l'accès aux soins…

Enfin, cette « France en commun », ce sera une nouvelle République.

Une République qui remette en son cœur les principes fondamentaux d'égalité, d'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines, de lutte contre les discriminations, racistes, sexistes, de genre, territoriales.

Une république qui diffuse les responsabilités dans toute la société, contre la confiscation des pouvoirs par quelques-uns.

Nous voulons faire entrer le peuple dans un Parlement à parité. La France est faite d'ouvriers, d'employés, de salariés de toutes conditions. Et c'est pour obtenir un maximum de députés du peuple que nous voulons un Parlement élu à la proportionnelle, et un statut de l'élu qui permette à chacun d'accéder à tous les mandats de la République, en s'appuyant sur une limitation du cumul et du renouvellement des mandats dans le temps.

Nous voulons une République qui instaure de nouveaux pouvoirs d'intervention pour les fonctionnaires et les usagers des services publics et pour les travailleurs sur l'organisation du travail comme sur les choix de gestion dans les entreprises.

Oui, il est temps, grand temps de parler égalité, et de le mettre en pratique dans chacun des actes, dans les politiques mises en œuvre.

Enfin, ce qui vrai pour l'élection présidentielle, est vrai également pour les élections législatives. Pour gagner le changement, il faut une majorité à l'assemblée nationale, car c'est là que se votent les lois. Il faut mettre toutes les chances de notre coté.
Rien, aucune division ne doit entraver les chances de gagner des députés qui porterons la transformation sociale, qui feront barrages aux mauvais coups à l'assemblée nationale. Les travailleurs en auront tant besoin.

Il faut commencer dès maintenant cette bataille, avec des candidats pour engager cette campagne au plus vite, faire prendre conscience que les élections législatives seront déterminantes, faire échec au scénario pervers induit par l'inversion du calendrier électoral qui fait de la présidentielle la mère de toutes les élections.

C'est tout le sens de l'appel que nous avons lancé lors de notre dernière conférence de presse. Pour reprendre les mots d'Aragon « quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, fou qui songe à ses querelles, au cœur du commun combat ». L'heure n'est pas à la concurrence mais au rassemblement.

Nous avons fait la proposition d'organiser des assemblées citoyennes par circonscription avec tous ceux qui sont disponibles pour acter un socle commun, un contrat politique, et désigner des candidatures communes aux élections législatives. Ces assemblées vont se dérouler bientôt. Le rassemblement que nous ne cessons d’appeler à construire c’est celui des forces vives du pays. Nous appelons syndicalistes, militants associatifs, citoyens solidaires, à s'engager dans ce processus, et à entraîner autour d'eux. Divisés nous pouvons tous perdre, alors qu'ensemble, riches de notre diversité, nous pouvons lever l’espoir.

Le Parti communiste demandera que sa place soit reconnue et nous savons qu’elle le sera. Nous nous mettons à la disposition du rassemblement des candidatures dans les quatre circonscriptions de la Vienne, quatre candidatures prêtes à mener le combat des idées.

Ce sont comme vous des militants du quotidien, engagés dans leur quartier ou leur village, dans leur parti, leur association, dans leur activité professionnelle :

  • Anne Joulain, universitaire, militante syndicale, secrétaire de la section de Poitiers du Parti Communiste.

  • Christian Michot, directeur d'une structure de solidarité et d’insertion, militant associatif.

  • Samuel Bougrier, directeur d’école, militant de l’éducation populaire, candidat en 2012 avec Michel Brouard

  • Pierre Baraudon, retraité de l'industrie aéronautique, militant syndical, conseiller municipal à Châtellerault, militant de l'éducation populaire, également candidat en 2012 avec Annick Dignac.

Nous avons la responsabilité d'être à la hauteur des attentes de nombreux électrices et électeurs de notre département, c'est ce qui nous conduit aujourd'hui à proposer des candidatures. Au final ils ne seront peut-être pas candidats, ou seront suppléants. Mais ils incarnent une démarche collective, rassembleuse et un projet progressiste pour engager rapidement une campagne dynamique.

J'évoquais tout à l'heure la figure d'Ambroise Croisat. Son œuvre illustre à mon sens très bien une spécificité du Parti Communiste Français : la visée d'une transformation radicale de la société, et dans cette perspective, la conquête de positions concrètes de pouvoir dans les institutions politiques. Cela lui a permis, en rassemblant sur des contenus de progrès social, en s'appuyant sur les luttes, d'agir concrètement sur la situation des citoyens.
Cela explique en partie la place particulière qu'il occupe dans la société Française.

Pour citer Pierre Laurent, j'ai la conviction que nous aurons encore et toujours besoin d'un grand parti communiste, pour donner de la voix aux classes populaires, pour les aider à porter jusqu'aux plus hautes responsabilités de l’État ce qu'elles savent produire de meilleur, pour tenir la gauche debout quand tant de forces veulent la rayer de la carte. Notre parti agit pour l'intérêt du pays, l'intérêt général, parce qu'il est un parti où ses adhérentes et adhérents, des travailleuses et travailleurs de toutes conditions, disposent de la parole et décident démocratiquement de ses choix, et qui n'a aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle. Nous venons de faire la démonstration que les communistes, organisés en parti, peuvent réfléchir, mener de rudes débats, et trancher en restant unis et dans un climat fraternel. Notre parti a fait preuve d'une maturité, d'une honnêteté, d'une intelligence collective aujourd’hui hélas peu courante dans le monde politique.

Voici pourquoi nous sommes fiers de ce parti qui vient de souffler ses 96 bougies et prépare déjà, pour très bientôt ses 100 printemps.

Oui, en ces premiers jours de 2017, c'est notre message pour le combat, pour vivre dignement tout simplement.

Meilleurs vœux à toutes et tous, puissions-nous faire de 2017 une année de conquête.

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